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Les rosés résistent à la crise

Auteur

Frédérique
Hermine

Date

28.02.2023

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Malgré un léger fléchissement, la consommation des vins rosés dans le monde se porte bien et résiste mieux que les vins tranquilles en général avec de nombreux marchés en croissance et un marché français toujours leader toutes catégories.

Si la consommation mondiale de rosé a fortement augmenté depuis 2002 à plus de 20%, sa progression rencontre néanmoins quelques à-coups et semble même décliner légèrement depuis 2019 (-2,3%) pour atteindre désormais 23,6 M hl, soit 10,5% des vins tranquilles (19,8 M en 2019). Ce qui représente toujours 34% du total mondial, soit 4% de plus qu’il y a dix ans. Une large majorité de pays voient toujours augmenter leur consommation de rosé et la France reste en tête avec 6,6 M hl (après un pic à 7,2 M en 2017), les années Covid accaparant les trois quarts de la baisse. Elle compte un peu plus d’un tiers de consommateurs de rosé (elle avait atteint 37% il y a 10 ans) qui consomment à 94% des vins de l’Hexagone.
L’Allemagne (12%) qui vient de doubler les Etats-Unis (11%) en forte baisse s’impose comme le deuxième pays consommateur, la Grande-Bretagne et l’Italie restent dans le top 5. Les trois premiers marchés monopolisent plus de la moitié de la consommation mondiale de rosés. Contrairement aux Etats-Unis où le marché s’effrite après une forte hausse, on constate une tendance inverse en Grande -Bretagne où après une baisse de 2012 à 2019, les rosés ont connu un fort rebond de 12,3% en 2020.

La France toujours leader toutes catégories

Par habitant, on retrouve la France en tête devant l’Uruguay, le Benelux, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Grèce mais en consommateurs effectifs, c’est l’Allemagne qui suit l’Hexagone devant le Royaume-Uni, l’Italie et les Etats-Unis. En part de rosés dans la consommation des pays, la France toujours à la hausse affiche 35,5 % derrière la Tunisie à 57,8% mais en baisse et devant l’Uruguay et le Maroc mais à plus faibles volumes.
Comparé à la chute des vins tranquilles, notamment en Europe de l’Ouest, les rosés restent stables. Seule l’Afrique affiche une hausse sur les deux catégories tandis que l’Amérique du Nord, l’Asie-Oceanie augmentent leur consommation de rosés dans un contexte de baisse des vins tranquilles. Certains pays affichent même des progressions à deux chiffres tels la Nouvelle-Zélande à + 47%, l’Australie à + 31%, le Brésil  à + 22% mais également Hong-Kong et le Benelux et à volumes moindres, la Pologne et la Corée du Sud. En 2021, la consommation se concentre toujours en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, l’Asie ne comptant pas encore de marchés importants pour les rosés.

Des rosés de plus en plus clairs

En matière de couleur, la France poursuit sa tendance à l’éclaircissement et aux rosés pâles et une politique de prix plus élevés (5,1€ en moyenne) comparés à ceux des vins espagnols à 2,70€ et des vins marocains à 3,80€. « La consommation des vins rosés chez nous est à l’image de la consommation mondiale en termes de couleurs » note Nans Brochart de FranceAgriMer. « Avec une augmentation continue des rosés et malgré un fléchissement qui a priori n’est pas structurel mais dû à la pandémie et qui est moindre que les vins tranquilles au global, la France reste le leader toutes catégories. Mais il faut reconnaître que les relais de croissance aujourd’hui se trouvent surtout en Europe orientale, en Asie et en Afrique » précise Brice Amato, chargé des études économiques au CIVP.

©F. Hermine

En Allemagne où l’on consomme autant de vins locaux que de vins français (26% chacun), on affiche aussi la couleur à l’éclaircissement avec des vins français et italiens mieux valorisés que les vins espagnols, sud-africains et même allemands, d’où une guerre des prix et une chute du prix moyen. Même tendance aux rosés pâles aux Etats-Unis qui privilégient toujours la production locale (90% des rosés consommés sont américains et notamment californiens) mais la France et l’Italie parviennent à bien valoriser leurs bouteilles respectivement à 17,2€ et 15,5€ en moyenne.
Ces chiffres et tendances sont élaborés par l’Observatoire mondial du rosé créé en 2002 par le CIVP et FranceAgriMer. Il compile les analyses et données de 47 pays, représentant 94% de la consommation mondiale, le Mexique et la Corée du Sud ayant été intégrés en 2019 et l’Algérie ayant été sorti du panel faute de volumes et d’informations fiables. Mais le rosé n’a toujours pas de définition officielle.