La deuxième journée de la 8ème édition de Découvertes en Vallée du Rhône a démarré se déroulait à Tain-l’Hermitage, ce mardi 3 mars. Les appellations Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph, Cornas et Saint-Péray étaient à l’honneur. Instantanés.

“Découvertes en Vallée du Rhône”, salon professionnel intégralement consacré aux vins rhodaniens, se déroule du 2 au 5 mars, d’Ampuis à Avignon. Voir nos (v)indiscrétions de la première journée ainsi que l’interview du président d’Inter Rhône, Michel Chapoutier.

Jaboulet, 100% bio en 2016

Caroline Frey était présente hier pour représenter l’illustre maison Paul Jaboulet Aîné, dont le nom trône fièrement sur la colline de l’Hermitage. Elle en a profité pour souligner l’importance de Découvertes en Vallée du Rhône, “un rendez-vous majeur pour la région, qui nous permet de rencontrer beaucoup d’importateurs et d’agents internationaux et de leur présenter l’intégralité de notre gamme”. Soit une soixantaine de cuvées toutes appellations confondues, à commencer par les emblématiques hermitages de la maison. L’actualité de Jaboulet, c’est aussi le bio : l’ensemble des 110 hectares que recouvrent tous les domaines sera entièrement certifié en 2016. L’aboutissement d’un travail de dix ans, pour lequel Caroline Frey tient à saluer “l’engagement de toute une équipe”. A noter que la propriété bordelaise de Caroline Frey, le château La Lagune, finira aussi sa conversion bio l’année prochaine. www.jaboulet.com

Laurent Combier, la boussole de Crozes-Hermitage

A “Terre de Vins”, ce n’est pas un secret, nous aimons les vins de Laurent Combier. Nous avions consacré un portrait au vigneron de Crozes-Hermitage il y a un an dans le magazine, tout juste quelques semaines après l’avoir rencontré à Vinisud. A cette époque, comme Jean-Michel Gerin, il nous confiait sa joie de voir ses fils se préparer à le rejoindre sur l’exploitation. Une bonne nouvelle confirmée cette année sur Découvertes en Vallée du Rhône. L’autre bonne nouvelle ? Les vins de Laurent Combier sont toujours au sommet de l’appellation. Une gamme d’une magnifique cohérence, dominée par le magnifique Clos des Grives 2013, un vin dense, charnu, au fruit noir intense (32 €). Mais c’est pour la cuvée Cap Nord (clin d’œil à la passion de Laurent pour l’aviation) qui nous séduit : issue d’un terroir granitique au nord de l’appellation, elle donne en 2013 un superbe jus équilibré, gourmand, élégant, épicé. Le 2012 est plus serré. Mais l’on peut mettre le cap vers cette cuvée (25 €) les yeux fermés. www.domaine-combier.com

Graillot, père et fils

Filiation toujours. Impossible de parler de Crozes-Hermitage sans évoquer les vins d’Alain Graillot. Le patriarche à la tête de 21 hectares (18 en rouge, 3 en blanc) défend millésime après millésime l’intransigeance de son style. Il vinifie tout en grappes entières, signant des vins qui peuvent se montrer “hors-mode” dans leur jeunesse mais qui se distinguent par une belle réserve de fraîcheur dans le temps. Le millésime 2013 ne fait pas exception puisque “les vins nécessiteront de la patience afin de venir arrondir cette austérité, mais les équilibres nous garantissent de très belles promesses”. A quelques mètres, Maxime, le fils d’Alain Graillot, présente avec son compère Thomas Schmittel “Equis”, une structure créée en 2006 associant vin de propriété et vin de négoce (achat de raisins) à auteur de 70 000 bouteilles par an. Dans ce registre, la cuvée Equinoxe 2013, un jus net, facile, aimable, est une jolie découverte pour 12 € avec capsule à vis. Le cornas 2012, juteux et sanguin, est aussi une réussite.
hermite.fr/alain-graillot
Equis

Le domaine de Lucie, sœurs sourires

En 2006, Lucie Fourel a repris les vignes familiales en appellation Crozes-Hermitage, que son grand-père et son père réservaient jusque-là à la coopérative de Tain-l’Hermitage. A son arrivée, elle a restructuré le vignoble, amorcé la mise en bouteille à la propriété et amorcé une conversion en bio. Rejointe l’année dernière par sa sœur Nancy, Lucie Fourel signe quatre cuvées de très belle facture. Un blanc 100% roussanne fleuri et gourmand, un peu beurré en finale (14, 50 €), une cuvée en rouge “Les Pitchounettes” 2014 toute en fruit croquant (sortie en avril, 13, 50 €), et deux parcellaires : la cuvée “Les Saviaux” (2012 et 2013, 16 €) et la cuvée Saint-Jaimes, des vignes de plus de 50 ans vinifiées en grappes entières et élevées 12 mois en demi-muids (2012 et 2013, 18 €). Le 2012 se signale par un nez poudré et une bouche juteuse, très gelée de myrtilles. Un domaine à suivre ! Le Domaine de Lucie

Emmanuel Darnaud, taille magnum

Chez Emmanuel Darnaud, un domaine de 15 hectares en Crozes-Hermitage, on peut être séduit par la production ultra-confidentielle de blanc, par les cuvées “Mise en Bouche” (16 €) et “Les Trois Chênes” (19 €), mais c’est indéniablement “Au Fil du Temps” qui signe tout le savoir-faire du vigneron. Créée en 2009 et uniquement produite sur les grands millésimes, cette cuvée issue d’un terroir de schistes et élevée en cuves tronconoiques affiche une superbe trame tannique, une structure élégante, du volume. Un vrai vin de gastronomie qu’Emmanuel Darnaud embouteille exclusivement en magnums (1800 flacons en moyenne, 54 €). Emmanuel Darnaud

Découvertes en Vallée du Rhône, c’est aussi…
– Les vins de garde de Yann Chave, à commencer par son hermitage 2013 encore sur l’élevage mais affichant une vraie densité, qui mérite une longue attente (50 €).
– La gamme très complète de Pierre Gaillard, dont le cornas 2012, un beau jus ample et mûr (31 €), et la cuvée de Côte-Rôtie “Esprit de Blonde” 2013, sélection de parcelles sur la Côte Blonde (55 €), suave, souple, pleine d’éclat.
– Les hermitages des maisons Delas et surtout Chapoutier, qui confirme sa suprématie sur le secteur grâce à une gamme extrêmement large, en rouge comme en blanc.

Mathieu Doumenge