©F. Hermine
©F. Hermine

La maison de champagne du Sézannais a expérimenté deux nouvelles cuvées de chardonnay, avec et sans bulles, élevées en œufs de grès.

Le petit village de Villenauxe-la-Grande (10) dans le Sézannais a longtemps été plus connu pour son argile à faïence et sa poterie que pour ses champagnes. Au milieu du XIXe siècle, elles étaient des plus réputées et très prisées de la manufacture de Sarreguemines. La maison Marie Copinet a donc opté pour un véritable retour aux sources en réutilisant cette matière locale pour la vinification et l’élevage de ses chardonnays. « Le village comptait de nombreuses carrières d’extraction au XXe et l’argile était renommée pour sa pureté, raconte Marie-Laure Kowal-Copinet qui s’est installée avec son mari Alexandre Kowal en tant que Vignerons Indépendants. La dernière carrière a fermé en 2015 et nous avons racheté les stocks ». Marie, issue du village, avait à cœur de valoriser le patrimoine et le terroir. Les Kowal ont donc fait appel à une start-up de poterie de Limoges qui a la capacité de chauffage nécessaire pour fabriquer cinq œufs en grès de 225 l. avec des cuissons différentes pour les premiers essais.

Naissance en grès

Ce sont finalement les œufs cuits à 1260° qui se révèlent les plus intéressants pour garder la tension du champagne tout en préservant les échanges contenant-contenu. Le pressurage et la vinification se font en cuves avant un élevage de 11 mois en œufs à zéro dosage. Un 100% chardonnay pur et précis, floral sur des notes de fruits blancs, de verveine citronnée, de tilleul et des bulles crémeuses se prolongeant sur une finale saline. La cuvée (49,90 €) pour ce premier millésime 2018 a été baptisée Argilla Villonissa de l’ancien nom du village. Elle a été assortie d’une carafe en grès émaillé d’une capacité de 1,5 l. qui favorise l’oxygénation. Au service, elle génère « moins d’effervescence mais préserve les arômes et apporte de la sagesse à la bulle » estime Marie. Le cinquième œuf a été réservé à un coteaux champenois blanc (55 €), à savoir le même chardonnay de base mais sans prise de mousse, sur la minéralité et la rondeur, fruité et aromatique où l’on retrouve la finale saline.

©F. Hermine

La Maison Marie Copinet (du nom de jeune fille de Marie-Laure) a été créé en 2016 avec quelques vignes familiales très éclatées et celles récupérées par Alexandre dont le grand père était également vigneron. Le couple dispose désormais de 9 ha (dont 7,5 en propre), repartis entre le Sézannais, la Côte des Bar, la vallée de la Marne et celle de l’Ardre. « Mes parents ont décidé de devenir vignerons quand le vignoble du Sézannais a commencé à se développer dans les années 70 », raconte Marie-Laure. Apres ses études viti-oeno, elle décide de créer sa propre maison avec Alexandre. Ils construisent une cave ultramoderne en 2016 et commercialisent environ 70000 cols par an. Le dernier défi a été le passage en bio, amorcé en 2017 avec une certification décrochée en 2021.