©F.Hermine
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Le château Minuty dans la presqu’île de Saint-Tropez, a élaboré un rouge très haut de gamme en syrah majeure baptisé Gabriel, du nom du grand-père acquéreur de la propriété en 1936.

« Nous avions envie d’un rouge exceptionnel depuis longtemps, reconnaît Jean-Etienne Matton. Comme nous avions déjà choisi le mourvèdre pour le Rouge et Or, nous voulions trouver un autre cépage à valoriser. Nous avons fait beaucoup d’essais mais la principale difficulté était d’obtenir une maturité optimum en gardant de la fraicheur alors que nous sommes sur un terroir riche et solaire. Il s’agissait aussi de trouver l’équilibre sans faire une pâle copie d’un Rhône nord et pour cela nous avions besoin d’un œil extérieur qui nous aide à avoir confiance en nos terroirs ». Ce sera celui du chef sommelier du groupe Ducasse, Gérard Margeon qui vient collaborer avec l’équipe sous la houlette de François Matton, le frère de Jean-Etienne, œnologue de formation.

Il s’agit donc d’un quasi 100% syrah (un côtes-de-provence doit obligatoirement être en assemblage) avec quelques grains de grenache, en extraction douce avant un élevage de deux ans en barriques de 225 l. et 400 l., uniquement en bois neuf, avant de passer un an en bouteilles. Les raisins proviennent de belles syrahs de 30-40 ans sur les schistes de Gassin, taillées en guyot double (en V) pour garder des feuilles ombrelles au-dessus des raisins et obtenir une maturité homogène. Les grappes sont balayées par le vent et les brises marines, ce qui favorise un excellent état sanitaire et une intervention à minima dans les vignes qui ne produisent qu’à 25-30 hl/ha pour cette cuvée. « Le challenge était de conserver l’acidité naturelle des raisins, un vrai défi pour un rouge, une évidence pour les blancs ou les rosés vinifiés comme des blancs » complète Gérard Margeon.

Rouge en bouteille rouge

La cuvée baptisée Gabriel porte le nom du grand-père des frères Matton, Gabriel Farnet qui avait acquis le château Minuty à Gassin (83) en 1936. Jean-Etienne revendique le choix d’une bouteille inédite en verre rouge dénichée dans une verrerie vénitienne et qui dévoile une belle couleur carmin au fur et à mesure que le vin est versé. Ce premier millésime, le 2019, ne sera éditée qu’à 4000 cols avec une volonté de monter en puissance dans les années à venir mais sans dépasser les 10000 bouteilles par millésime. Des syrahs ont d’ailleurs été déjà replantées à La Bastide de Verez rachetée en 2018 dans la plaine des Maures. La nouvelle cuvée sera diffusée à partir d’octobre dans quelques belles caves parisiennes (49€), et dans des établissements du groupe Ducasse « mais nous tenons aussi à les réserver à notre clientèle de particuliers avant de commencer à l’exporter, notamment au Japon » précise Jean- Etienne. Le millésime 2019 est déjà prometteur : un velouté d’épices douces, de fruits rouges et noirs, frais et minéral sur une note discrète de maquis et des tanins fins. Et parce que l’image d’un domaine, fut-il connu d’abord pour ses rosés, se fait toujours sur un grand rouge, le pari est d’ores et déjà réussi