Investi le jeudi 4 mai dernier, le copropriétaire du château Carbonnieux prend le poste occupé depuis douze ans par Laurent Cogombles (château Bouscaut). Rencontre.

2017, grande année pour Pessac-Léognan. L’appellation qui s’étend sur dix communes proches de Bordeaux célèbre ses trente ans et accueille un nouveau président en la personne de Philibert Perrin. Né en 1970 à Bordeaux, copropriétaire du Château Carbonnieux avec sa famille et propriétaire du château Lafont-Menaut en Pessac-Léognan, il a été secrétaire général du Syndicat Viticole de Pessac-Léognan depuis juin 2009.

C’est une grande année pour l’appellation Pessac-Léognan. Elle fête ses trente ans, élit un nouveau président… 2017 signe-t-il le début d’une nouvelle dynamique ?
Ce n’est pas le but. De nouvelles dynamiques il y en a en permanence. On se remet en question régulièrement. L’appellation est présente, dynamique en général. L’équipe au bureau, au conseil d’administration est composée de personnes d’expérience et aussi de personnes plus jeunes. Ce mélange de générations forme une synergie efficace. Pour 2017 et les années à venir, nous avons la chance d’avoir en bouteilles des bons 2015 et dans nos chais de bons 2016. Nous allons livrer ces millésimes très attractifs qualitativement. La force de Pessac-Léognan, c’est cette diversité entre les crus, classés et non-classés, rouges à 80% et blancs secs à 20%. Avec 72 étiquettes différentes, on couvre un large panel, de 10 à 300 €, des vins accessibles des tables de bistrots aux cavistes haut-de-gamme et magasins de luxe. On a une grande visibilité et une forte implantation sur différents marchés.

Avec 30 ans d’existence, Pessac-Léognan est une appellation relativement jeune. Quel bilan pouvez-vous dresser de ces trois décennies d’existence ?
L’aire géographique délimitée sous l’appellation Pessac-Léognan est à la fois une des plus anciennes régions viticoles de Bordeaux, et une appellation de reconnaissance relativement récente. Les surfaces de vignes sur Pessac, Talence, Villenave d’Ornon étaient beaucoup plus importantes, mais petit à petit le vignoble a disparu sous l’impact des crises et grignoté par l’agglomération. Il y a donc eu une vrai travail de préservation du terroir et du patrimoine viticole, grâce auquel l’appellation a regagné des hectares sur des communes un peu plus éloignées, Léognan, Martillac, Canéjan… La surface de l’appellation a plus que doublé depuis sa création, jusqu’à ses 1750 ha actuels. Au niveau de la promotion à laquelle nous consacrons 2/3 de notre budget, un travail important a aussi été fait. Il s’agissait au départ de faire connaître l’appellation, et il s’agit aujourd’hui de maintenir notre place et ne pas être oubliés. Nous menons des actions sur le terrain, pédagogiques, de dégustation, de présentation, de promotion le plus souvent que nous le pouvons.

Suite à votre élection, quelles actions projetez-vous à court et plus long terme ?
Comme nous sommes dans l’année de nos trente ans, nous allons continuer en 2017 à faire des opérations liées à cet anniversaire, avec la presse pour relayer le message, mais aussi auprès du public. En fin d’année, le premier week-end de décembre, nous avons nos traditionnelles portes ouvertes, mais cette année elles seront un peu plus exceptionnelles, avec des choses plus flamboyantes. Le samedi 10 juin, nous faisons aussi une opération portes ouvertes (ce qui s’appelait avant « le samedi blanc »). Sur du plus long terme, il va falloir faire attention, être visionnaires car la gelée qui nous a touchés fin avril aura des répercussions. On va devoir faire preuve de prudence, pour gérer habilement et intelligemment pour les années à venir. Ce sera tout le travail du bureau de se concentrer sur des actions essentielles, possibles grâce aux cotisations fixes annuelles. Nous aurons du mal à faire des actions nouvelles ou supplémentaires nécessitant un appel à cotisations exceptionnelles des adhérents, comme ça a pu être par exemple le cas pour fêter nos trente ans. On fera des améliorations d’actions déjà en place, qui sont récurrentes, en améliorant toujours le service, l’accueil…

Quelles sont vos priorités en termes de marchés : la France, l’Europe, l’international ?
On ne va pas aller vers des marchés nouveaux immédiatement. On va agir progressivement. Le but est de faire des actions récurrentes, pas une action diluée. Avant d’aller mener des actions sur de nouvelles zones géographiques, il faut conforter nos pays de prédilection. La France est notre premier marché. On doit rester bons en Aquitaine. En France, on a encore des choses à faire, particulièrement à Paris, notamment avec la liaison facilitée d’ici peu avec la LGV. A l’exportation, il faut garder les principaux marchés de Pessac-Léognan, qui sont surtout européens (Belgique, Angleterre, Suisse…) Côté international, nous faisons déjà un peu d’exploration en Asie et aux USA par l’intermédiaire des actions menées avec le Conseil des Vins de Graves, car on a des budgets promotionnels communs. Nous sommes au démarrage de ces actions promotionnelles internationales.

Pessac-Léognan est une appellation à la forte implantation urbaine. Cette situation géographique est-elle un atout pour se rapprocher plus aisément des consommateurs finaux ?

Oui sûrement, la proximité est un atout pour les échanges. Depuis le centre-ville de Bordeaux, en 1/2 h voire moins, vous pouvez être au cœur du vignoble et passer une journée d’évasion en visitant deux ou trois propriétés, et ça c’est une grande chance. Pour les échanges avec les tour-operateurs, les conciergeries d’hôtel…, pas besoin d’organiser son séjour une semaine à l’avance.