Photo: F. Hermine
Photo: F. Hermine

Des vins blancs à faibles degrés, des canettes et bien sûr la nouvelle édition limitée « belle et rebelle » de la Colombelle, de quoi varier les plaisirs en Côtes-de-Gascogne, une appellation majoritairement en blanc à 85% qui offre un grand espace de liberté, du sec au moelleux.

Il souffle un vent de liberté et de légèreté cet automne chez Plaimont. Avec la Colombelle bien sûr qui revient chaque année en version Originale (4,90€) ou en édition limitée « Belle et Rebelle Collage » (5,90€) dans le sillage de la tendance street art. Elle est coiffée désormais d’une capsule à vis gravée d’un blanc immaculé, même si dans l’Hexagone comme en Chine, la marque phare de Côtes-de-Gascogne, née en 1986, se doit de conserver une proposition bouchons traditionnels, les deux marchés étant réfractaires à la capsule. La Colombelle est toujours en colombard majeur (complété d’ugni blanc, pas de sauvignon pour ce millésime) mais ce cépage, frappé par le gel de printemps, a enregistré en 2021 la plus petite récolte des 30 dernières années. La cuvée est toujours aussi exubérante et aromatique, cette année sur une trame plus droite et citronnée.

Une petite canette qui vole la vedette

Mais en 2021, la vraie nouveauté, c’est Elia, un blanc 100% colombard titrant à 9% vol. « Elia, c’est comme du raisin en cours de fermentation qui rappelle le bourret avec juste un peu de sucres résiduels et une dose minimale de sulfites à la mise », explique le directeur de Plaimont Olivier Bourdet-Pees, toujours béret sur la tête pour l’occasion. « Il s’agit de remettre en valeur les vins bas en alcool ». Plaimont était pionnière en la matière quand l’union coopérative avait lancé, au début des années 2000, les Vins de soif à 9-10%vol. Trop tôt sans doute. « La cuvée est un fiasco d’autant que le tri est effectué en cave sur le degré et non en vignes sur la qualité, et le projet souffre d’un manque de pilotage » reconnait Olivier Bourdet-Pees. Cette fois, le concept Elia est travaillé dès le vignoble avec le moins d’intrants possibles (elle est certifiée HVE) sur un terroir tardif à et à températures très basses en cave pour rester sur l’équilibre. Après plus de 4 ans de R&D, elle est lancée en blanc, et baptisée Elia, anagramme d’aile pour évoquer le petit vent de liberté. D’abord lancé à l’export avec un nom facilement prononçable, elle arrive officiellement dans l’Hexagone. Elle pourrait être déclinée à terme en rosé à base de cabernet sauvignon. Des recherches sont également en cours pour travailler à titre expérimental un vin à faible degré à base d’un nouveau cépage blanc oublié, le miousat.

« Avec Elia, nous avons voulu répondre à une consommation simple pour ne pas perdre des consommateurs au profit des softs ou de la bière. Nous avons donc choisi en parallèle de la bouteille [350 000 cols prévus cette année] un conditionnement militant, la canette en aluminium, nomade, légère, facilement recyclable, et dont l’esthétique [d’un joli vert métallisé] peut plaire à de jeunes consommateurs ». Plaimont travaille pour ce format avec l’entreprise béarnaise d’eaux minérales Ogeu, qui vient d’investir dans une ligne de conditionnement en canette. Après les bières et les hard seltzers, elle s’est pris au jeu du vin. Elia canette sera disponible en ventes à emporter, en food-trucks, sur les événements et manifestations… (environ 2,50€).

Autre lancement à petits degrés, la cuvée Pan, en référence au satellite naturel de Saturne, assemblage à 11% vol. des cépages du Sud-Ouest et de Côtes-de-Gascogne, colombard et petit manseng. (8,30€ chez les cavistes).