(© Château Fleur Cardinale)
(© Château Fleur Cardinale)

Si vous ne fêtez pas l’été cette année dans un domaine viticole, voici une gamme de cuvées « musicales » pour accompagner la Fête de la Musique avec quelques notes de fleurs blanches ou de fruits rouges.

De nombreux festivals ont fleuri dans les vignobles ces dernières années, et pas seulement pour la fête de la musique (Saint-Emilion, l’Hospitalet, Clos Vougeot, L’Olivette, Roubine, Saint Maur ou Culumbu, les grands crus musicaux en Bourgogne ou en Bordelais…) Des musiciens de l’Orchestre de Pau Pays de Béarn (OPPB), le quatuor Art’chai, ont même pris l’habitude de se produire dans les chais avec un répertoire de musique classique. Des œnologues ou sommeliers tels Georges Dupré ou Florence Corbalan aiment jouer les accords parfaits vin-musique. Au printemps dernier, une exposition à voir et à entendre à la Cité de la Musique de Bordeaux retraçait l’histoire des vins entre peinture, sculpture et théâtre. Les plaisirs du tympan sont associés depuis l’Antiquité aux plaisirs du palais. Platon et Socrate ne plaidaient-ils pas pour l’ivresse préparant les hommes à la musique et au chant ?

Point de banquets gargantuesques, médiévaux ou baroques, à Versailles ou à Venise sans vin et musique bien avant la mode des guinguettes et des cafés concerts et aujourd’hui des festivals dans les domaines viticoles. Car l’heure n’est plus guère aux chansons à boire (il n’y a pas seulement le ban bourguignon pour honorer Dionysos). On trouve également pléthore d’évocation à la bouteille dans la chanson contemporaine, “Jolie bouteille” de Graeme Alright, “Millésime” d’Obispo, “Je suis sous” de Nougaro, “Le bistro” de Brassens, “Après, de près” de Bénabar, “La petite messe solennelle” de Juliette sans parler des clins d’œil et de papilles au cognac chez les rappeurs américains.

Mozart en vignes ou en chai, Nina Simone en cuves

Le son peut s’avérer non seulement un bon compagnon du flacon mais également un outil de vinification. Le physicien Joël Sternheimer a travaillé sur la musique comme pesticides et moyen de lutte contre les maladies de la vigne comme le mildiou et l’esca, en diffusant une sélection de notes entre les ceps 2 à 4 fois par jour. Cette musicothérapie aiderait également à renforcer les défenses de la vigne contre le gel et la sécheresse. Environ 300 ha l’ont adopté, principalement en Champagne et en Bordelais). Mais la musique pourrait également stimuler enzymes et levures pendant la fermentation. Quelques vignerons dont les Jessiaume au domaine Chanzy (Santenay), Helen Durand au domaine Trapadis (Rasteau) ou, tout récemment, Estelle et Pierre Courdurié au château Croix de Labrie (Saint-Emilion) pratiquent la génodique de Sternheimer en chai, diffusant la petite musique de nuit de Mozart pour doper leurs vins et accentuer leurs arômes variétaux ; au domaine Haut-Lirou en Languedoc, les baffes diffusant du Nina Simone sont même immergées dans les cuves.

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Une étude scientifique menée par l’Université d’Edimbourg avait démontré il y a une dizaine d’années que la musique influait sur la dégustation des vins, en particulier des rouges. Un cabernet sauvignon, était perçu plus riche et puissant en musique, à écouter de préférence sur Jimmy Hendricks, alors qu’un merlot s’appréciait mieux sur Otis Redding et un chardonnay sur Blondie. Si la musique en arrière-plan est forte, le vin est perçu plus lourd et structuré ; si la musique est plus douce, le vin apparaît plus léger et subtil. Et que dire de Caroline et Ludovic Decoster, au château Fleur Cardinale à Saint-Emilion, qui dans leur toute nouvelle vidéo comparent l’assemblage du vin à la façon dont les instruments se marient dans un groupe de rock ?

Forts de ces constatations, vous pouvez désormais aller choisir vos bouteilles pour accompagner la fête de la musique.

Notre play-list :

Collioure blanc de Coume del Mas, Cuvée C’est pas du Pipeau en rolle-roussanne sur schistes à tout petits rendements (21€)

Jurançon sec du domaine Cauhapé, Cuvée Chant des Vignes en gros manseng assorti de l’original caramalet (11,90€)

Corbières blanc du Domaine du Grand Crès Cuvée Crescendo. Une rareté florale en roussanne et viognier (11,50€)

Chignin Bergeron blanc Du Domaine Vullien & Fils Cuvée Harmonie. Une roussanne très mûre du coteau de Montmelian en Savoie (13€)

Champagne Blanc de Quatre Blancs Drappier Cuvée Quattuor, une rareté élaborée à partir des 4 cépages blancs champenois, chardonnay, arbane, petit meslier et pinot blanc. (60€)

Champagne Fleury en biodynamie Cuvée Boléro extra brut. Un 100% pinot noir de la Côte des Bars élevé en partie sous bois (50€)

Lirac rosé du domaine Maby Cuvée Bel Canto issue des plus vieilles vignes de grenache sur galets roulés élevé en demi-muids neufs (24€)

Côtes de Gascogne bio, rouge ou blanc moelleux du Domaine de Séailles Cuvee Orféo. Un 100% cabernet sauvignon élevé en fût, original dans l’IGP, ou un gros manseng aux fruits exotiques (10-12€)

Cotes du Forez rouge de Stéphanie Guillot Cuvée Opéra. Un gamay saint romain issu des vignes centenaires à tout petits rendements récolté manuellement (7,50€)

Côtes-de-Provence La Londe rosé du Château Sainte Marguerite Cuvée Symphonie en grenache cinsault, bio et vegan (15€)

Saint Nicolas de Bourgueil rouge du Vignoble de la Jarnoterie Carine et Didier Rezéen Cuvée Concerto, issue de vieilles vignes de 40-60 ans avec un élevage en futs de chêne et châtaignier (11€)

Côtes-de-Provence blanc du Domaine de l’Anticaille Cuvée mazurka 100% Rolle de la Sainte Victoire dont 5% fermenté en barriques neuves (12€)

Faugères blanc bio du Domaine Ollier-Taillefer Cuvée Allegro en roussanne et rolle sur schistes jusqu’à 350 m d’altitude (11,70€)

Saint-Joseph rouge des Vignobles Chirat Cuvée Soliste 100% syrah élevée 14 mois en barrique de 400 l. à 40% neuves. (19€)