(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

Rhonéa, déjà le fruit du regroupement entre les caves de Vacqueyras et Beaumes-de-Venise en 2015, vient de s’unir au Cercle des Vignerons du Rhône, rassemblant les caves de Rasteau, Sablet et Visan depuis deux ans, pour représenter un bel ensemble coopératif fort de près de 400 adhérents et 12,5 millions de bouteilles à commercialiser. De quoi peser davantage sur le marché avec des marques fortes comme Rhonéa et Terroir Daronton.

Le bal des fusions et unions qui a commencé en Vallée du Rhône depuis une quinzaine d’années reprend un rythme allegro forte avec le rapprochement de Rhonéa et du Cercle des Vignerons du Rhône qui regroupait déjà depuis 2017 les caves de Rasteau, Sablet et Visan. Ce poids lourd de la vallée du Rhône, le deuxième groupe coopératif derrière Cellier des Dauphins, pèse désormais 4% de la production totale (8,5% des Villages, environ 40% des crus méridionaux) avec un total de 12,5 millions de bouteilles pour un CA cumulé en 2018 de 54 M €. Le nouvel ensemble de la vallée du Rhône méridionale dispose ainsi d’une large gamme de 9 crus rhodaniens (Vacqueyras, Beaumes-de-Venise, Gigondas, Rasteau, Cairanne, Châteauneuf-du-Pape, Tavel Lirac et Vinsobres ), 2 Vins Doux Naturels (Rasteau et Beaumes-de-Venise), et 6 Côtés du Rhône Villages (Roaix, Séguret, Vaison-la-Romaine, Plan de Dieu, Sablet Visan).

Accélérer le développement des marques

Le dossier piloté par le directeur de Rhonéa, Pascal Duconget, s’inscrit « dans une logique de regroupement de moyens pour accélérer le développement d’une stratégie de marque et de valorisation, déjà bien avancée pour Rhonéa puisqu’en 2014 : les marques représentaient un tiers de nos volumes en 2014, la moitié en 2018 et nous espérons les amener à deux tiers d’ici 2024, précise Pascal Duconget. Ortas intégrera les marques Terroir Daronton en GD et Rhonéa en circuit traditionnel. Le Cercle des Vignerons du Rhone, après le départ de la cave de Tain-l’Hermitage de la structure de commercialisation VRT l’an dernier, devait trouver un nouveau modèle moins axé sur l’écoulement de volumes et mieux valait monter dans le train d’un grand projets déjà sur les rails ».

Si les deux entités ont des politiques de commercialisation majoritairement orientées vers la GD (environ 60% de ventes), elles visent à développer de plus en plus le circuit traditionnel et surtout l’export. « Nos crus historiques, Beaumes, Rasteau, Vacqueyras et Gigondas sont déjà très présents en GD avec des prix dépassant souvent 10 € mais il s’agit maintenant de limiter la part du vrac et de mettre l’accent aussi sur les Côtes du Rhône Villages en les positionnant entre 5 et 7 €, un bon rapport qualité-prix ».

Objectif Export

Si les vignobles et les outils de vinification restent contrôlés par chacune des caves, une coordination globale va être mise en place avec suivi technique dès la vigne pour une cohérence globale et une politique environnementale commune. Rhonéa est déjà certifié Iso 2600, labellisée Vignerons en Développement Durable (VDD) et en HVE (Haute Valeur Environnementale) sur 400 ha (sur 1380). « La mutualisation des achats permettra de faire des économies d’échelle et l’augmentation de moyens dopera la commercialisation et le marketing pour donner davantage de visibilité à la marque que nous aimerions hisser à 20 millions de bouteilles d’ici 5 ans ». Pas de départs dans les équipes, juste une réorganisation et des recrutements prévus notamment au commercial, aux achats, à la supply chain et surtout à l’export qui sera l’un des principaux objectifs à moyen terme « mais pour ça, il faut d’abord une marque forte, une gamme lisible et des vins reconnus avant de mettre des moyens commerciaux à l’international ». Rhonéa réalise actuellement moins de 15% à l’export, seule Rasteau avec 25% d’expéditions à l’international bénéficiait d’une notoriété à l’étranger, surtout au au Québec.

L’union sera effective juridiquement en septembre 2019 avec une intégration complète qui devait être finalisée au premier trimestre 2020. Pascal Duconget reste directeur de l’ensemble, Claude Chabran président et Antoine Muller à la direction des trois caves et en charge de projets transverses. Pas de fusion pour l’instant mais on pourrait imaginer un jour que ce bel ensemble s’enrichisse d’autres caves voisines pour devenir encore plus fort.