Propriétaire du Clos Fourtet à Saint-Emilion et du Château Poujeaux dans le Médoc, la famille Cuvelier vient d’acquérir d’un coup trois crus classés de Saint-Emilion, rachetés à la famille Reiffers : Château Côte de Baleau, Château Les Grandes Murailles et Clos Saint-Martin.

Entamées en début d’année, les négociations entre les deux parties sont finalisées ; une signature devrait intervenir dans les quinze prochains jours, officialisant l’acquisition par la famille Cuvelier de trois crus classés de Saint-Emilion appartenant jusqu’ici à la famille Reiffers : Château Côte de Baleau (18 ha), Château Les Grandes Murailles (2 ha) et Clos Saint-Martin (1, 5 ha). Philippe Cuvelier, qui a fait fortune grâce à son entreprise de fournitures de bureau, s’est implanté sur la rive droite en 2001 en achetant le cru classé Clos Fourtet. Puis, en 2008, il a acquis le Château Poujeaux, en AOC Moulis (Médoc).

C’est le fils de Philippe Cuvelier, Matthieu, 35 ans, qui gère ces propriétés et supervise l’intégration des trois nouvelles acquisitions. « L’occasion était trop belle pour ne pas s’intéresser au dossier, nous a-t-il confié. Les Grandes Murailles forment un îlot quasiment enclavé dans Clos Fourtet, qui nous faisait de l’œil depuis longtemps. Les deux autres propriétés sont aussi très proches de nous, il y a donc une vraie proximité de terroirs. Cela représente donc une magnifique opportunité pour nous étendre, et de penser à des synergies techniques, commerciales et humaines entre les quatre propriétés ».

S’il est encore trop tôt pour détailler la nature exacte de ces synergies, Matthieu Cuvelier précise qu’il souhaite continuer à travailler avec les équipes en place : « nous voulons nous donner le temps de comprendre les vignobles, de conserver l’essence des terroirs et des marques, sans nous précipiter ». Sophie Fourcade, descendante de la famille Reiffers, perd donc la copropriété mais conserve la direction des trois propriétés dont elle a la charge depuis 1998. « Nous sommes trois frères et sœurs, et vu le tarif atteint par le foncier viticole à Saint-Émilion, je ne pouvais pas du tout racheter les parts de mon frère et de ma sœur. La vente de notre patrimoine devenait inéluctable », a-t-elle expliqué à nos confrères de Sud-Ouest. « C’est tout le problème des familles détenant des propriétés : elles deviennent difficiles à transmettre de génération en génération. Nous étions en place depuis 1643… » Le montant exact de la transaction n’a pas été divulgué mais, toujours selon nos confrères de Sud-Ouest, l’hectare de vigne peut se négocier entre 1 et 2 millions d’euros dans cette zone. Sans oublier qu’il s’agit de trois propriétés classées, et que Côte de Baleau fait partie des promus de 2012. Le timing était donc idéal pour vendre…

M.D.