Pour les fêtes de fin d’année, nous vous proposons une sélection de cuvées de cette appellation du Rhône nord qui n’en finit pas de faire parler d’elle. En rouge comme en blanc, les occasions de se faire plaisir sont nombreuses.

Les moines se trompent rarement quand ils décident de planter de la vigne. L’histoire bourguignonne le prouve. Ce sont eux aussi qui, dans cette partie septentrionale du Rhône, ont planté le vignoble qu’ils baptiseront Saint-Joseph. Toute petite appellation de 90 hectares à sa création en 1956, elle se déploie désormais sur plus de 1000 hectares de manière très étendue. Il faut parcourir pas moins de 45 km pour aller d’une extrémité à l’autre ! Les 160 vignerons produisent ici essentiellement des vins rouges, monocépages à base de syrah. Seuls 10% de vins blancs voient le jour mais leur personnalité ne laisse pas insensible. De magnifiques cuvées sont ainsi proposées, comme « Vania » 2017 (20€) du domaine Guy Farge. Un assemblage de 80% de marsanne et 20% de roussanne bien parfumé (fruits jaunes) à la matière grasse mais pas écrasante. D’autres assemblages de ces deux seuls cépages blancs autorisés sont à mentionner, tel que le 2017 (19€) du domaine Eric et Joël Durand. Les 60% de marsanne et 40% de roussanne développent un nez très floral (chèvrefeuille) et s’expriment avec beaucoup de fraîcheur en bouche. Un vin très long de belle facture. Mais c’est un Saint-Joseph blanc monocépage 100% roussanne qui se distingue, celui du célèbre domaine des pierres sèches en 2017 (20€). Sa structure est épatante de droiture. Un vin franc porté par des très légers mais superbes amers. De quoi impressionner vos convives au réveillon.

Des rouges splendides

N’oublions pas non plus les rouges, l’essentiel de la production. Les grands noms ne le sont décidément pas par hasard… Au sommet, Pierre-Jean Villa continue de forcer le respect avec sa cuvée « Tildé » 2016 (36€) aux tannins aristocratiques. La densité du vin n’a d’égal que sa profondeur. Un modèle du genre. Difficile de le départager de la cuvée « Sainte-Epine » du domaine des pierres sèches qui ravira, elle aussi, les amateurs. Un vin très éloquent pour comprendre la typicité de ces syrahs subtiles et vibrantes. Deux vignerons un peu moins connus méritent là aussi un coup de cœur pour leurs rouges. Le jeune Johann Michel confirme avec son 2017 (21€) tout le bien qu’on pensait déjà de lui. De son côté, le Saint-Joseph du domaine du Tunnel est d’une qualité proportionnelle à la discrétion de son auteur, Stéphane Robert. Le 2017 (23€) offre un excellent rapport qualité-prix. Sa grande fraîcheur impressionne, tout comme ses tannins caressants. Une bonne idée de cadeau…