Après avoir initié un rapprochement depuis 2017, les coopératives varoises de Saint-Roch les Vignes à Cuers et de Saint-Sidoine à Puget-Ville ont officiellement fusionné.

Après s’être dotée en 2019 d’un nom unique, Terra Provincia, les deux caves provençales de Saint-Roch Les Vignes à Cuers et de Saint-Sidoine à Puget-Ville dans le Var ont signé officiellement leur fusion fin janvier. La nouvelle entité est présidée par Frédéric Fabre, l’ancien président de la cave de Cuers avec André Camous, l’ancien président de la cave de Puget, comme vice-président. La stratégie du nouvel ensemble de 300 adhérents, 1200 hectares et 15 salariés reste entre les mains de Florian Lacroux, directeur de Cuers depuis 2013. “C’est une fusion volontaire et non réalisée sous la contrainte, c’est pourquoi, elle a été votée à 98% par nos coopérateurs, commente André Camous. Elle s’est faite naturellement car on a aplani toutes les inquiétudes et il y a avait une volonté commune d’avancer ensemble”. “Grâce à cette fusion, on va être encore plus fort, surtout dans le contexte économique que l’on connait aujourd’hui” complète Frédéric Fabre.

Acteur leader des Côtes-de-Provence rosés

Ce nouvel ensemble ne va pas manquer de peser dans le paysage provençal puisque Terra Provencia est désormais le premier acteur en volume de Côtes-de-Provence avec une production avoisinant les 60 000 hectolitres, à 97% en Côtes de Provence. “Nous produisons presqu’exclusivement des côtes-de-provence, à 90% rosé comme la majorité des opérateurs, mais pas de vin de France et quasiment pas d’IGP”, contrairement aux autres poids lourds du secteur que sont les coopératives de Pierrefeu, Grimaud, Flassans ou Pourrières. La cave approvisionne à 25-30% les Maîtres Vignerons de Saint-Tropez, la structure de commercialisation dont elle est l’actionnaire majoritaire (notamment pour la marque Fleur de Mer représentant environ 1 million de bouteilles aux Etats-Unis), et à 40% le négoce (pour Minuty, Miraval, Les Esclans…). “La fusion plus stratégique qu’économique n’a pas été très difficile de par la volonté des deux caves et nous nous sommes donné le temps du dialogue, explique Florian Lacroux. Nous nous étions interrogé il y a quatre ans en pleine embellie pour mieux affronter la pression immobilière de plus en plus forte sur le secteur et en réalisant qu’il fallait être plus fort, ce qui s’est confirmé ensuite avec la crise et les aléas climatiques auxquels nous avons été confrontés”.

Une qualité des vins plus homogène

Pas de changement dans les infrastructures, Terra Provencia (18 M€ de chiffre d’affaires) garde les deux magasins qui représentent les ancrages des villages et les deux sites de vinification avec la même personne dédiée pour le pôle coopérateurs afin de maintenir le lien. En 2019, les deux caves ont signé une charte Authentis avec l’entreprise Frayssinet, groupe leader de la fertilisation organique en France, pour améliorer les équilibres de la vigne. La gestion de la matière organique est une véritable problématique sur les terroirs méditerranéens, d’où des analyses de sols, du végétal, des apports d’humus et de compost de moutons pour améliorer les méthodes culturales, la régularité des rendements, aider la vigne à mieux résister à la sécheresse. La première stratégie a été d’investir dans la cave de Saint-Sidoine afin d’homogénéiser la qualité des vins et de développer la part du bio amorcée sur le terroir de Cuers. En 2021, la cave revendiquera environ 7000 hl de côtes de Provence bio en provenance de 150 ha appartenant à une dizaine de vignerons. Une dizaine d’adhérents sont par ailleurs labellisés HVE.