Les vins français sont visés par l’administration américaine dans le cadre de la bataille Boeing contre Airbus. La Bourgogne, dont les Etats-Unis sont le premier marché export, s’inquiète des conséquences de la hausse substantielle des droits de douane.

Une bouteille de Puligny-Montrachet et un Airbus A320 n’ont a priori pas grand-chose en commun. Pourtant l’avion européen pourrait bien couper les ailes à l’appellation bourguignonne. Résultat de la bataille juridico-commerciale entamée depuis près de quinze ans par Boeing contre Airbus. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a jugé qu’Airbus a bénéficié de subventions indues et a donc autorisé des sanctions américaines.

Une partie des vins européens verront leurs droits de douane augmenter de 25%. Une mauvaise nouvelle pour les vins de Bourgogne, notamment. Les Etats-Unis sont en effet de loin le premier marché export de la Bourgogne avec environ 25% de la valeur des expéditions. Un marché en progression constante depuis de nombreuses années, surtout sur les vins de haut de gamme.

“Nous sommes pris dans un sujet qui ne nous concerne pas. Une fois que vous enlevez l’aéronautique et les produits de luxe, les regards se portent tout de suite sur les vins et spiritueux. Nous sommes victime de notre réussite”, déplore Louis-Fabrice Latour, président délégué de l’Interprofession des vins de Bourgogne et vice-président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS).

Fort heureusement le scénario du pire semble écarter à ce stade à savoir une hausse de plus de 50% des droits de douane. “25% de hausse, c’est douloureux mais on peut tout de même travailler, au-delà de 50% ce n’est pas tenable, pour le vin comme n’importe quel produit”, poursuit Louis-Fabrice Latour.
“Dans ce conflit totalement étranger à notre secteur, nous demandons donc solennellement aux autorités françaises et européennes de trouver, dans les meilleurs délais, une solution négociée au différend qui les opposent aux États‐Unis dans le domaine aéronautique et d’obtenir ainsi la suppression de ces droits qui touchent désormais arbitrairement les vins français”, a communiqué la FEVS de son côté.

L’Interprofession des vins de Bourgogne explique également suivre avec une certaine inquiétude les évènements de Hong-Kong, importateur important de vins de haut de gamme et porte d’entrée de nombreux vins distribué ensuite en Asie.

BONUS
Sanctions américaines: les exportateurs de vins français digèrent la “mauvaise nouvelle” (avec AFP)

“C’est une mauvaise nouvelle pour le secteur et nos professionnels. Nous déplorons cette décision qui va à l’encontre de l’ouverture du commerce”, a déclaré jeudi lors d’une conférence de presse Antoine Leccia, président de la fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS).
M. Leccia a souligné que le secteur viticole se sentait “pris en otage par ces taxes”, qui pénaliseront “très fortement” les producteurs et exportateurs, mais aussi les “consommateurs aux États-Unis”.
“Un distributeur américain m’a appelé ce matin pour me dire qu’il annulait sa commande de beaujolais nouveau”, a pour sa part raconté le vice-président de la FEVS Louis-Fabrice Latour, qui estime que ce vin primeur traditionnellement bu le troisième jeudi du mois de novembre “sera la première victime collatérale de ces mesures”.