La Fête de la Nature a publié les bans de son mariage avec le Printemps Bio à l’occasion des derniers chiffres annoncés par l’Agence Bio. Les deux manifestations qui ont été annulées en mai organiseront un programme des manifestations entre le 7 et le 11 octobre sur le thème “Prenons-en de la graine”.

“Nous voulons faire émerger des intérêts communs en montrant que les actions favorables à la nature peuvent aussi venir des agriculteurs, précise Fabien Chenel, directeur de la Fête de la Nature. La vraie nouveauté est que cette manifestation, portée avant par les associations de défense de l’environnement sauvage, soit aussi relayée par les agriculteurs qui ont un rôle à jouer”. Ces derniers, viticulteurs compris, organiseront diverses opérations gratuites de pédagogie et de sensibilisation dans leur exploitation. “Une façon d’expliquer que l’agriculture de proximité doit intégrer un plan de relance à long terme pour la protection de la biodiversité et la lutte contre le réchauffement de la planète, souligne Philippe Henry, le président de l’Agence Bio. Ils le font déjà en replantant ou en préservant des haies, des prairies permanentes, en utilisant des légumineuses à la place d’engrais azotés… mais il faut être encore plus dynamique”.

99% de vins bio d’origine France

“Les chiffres 2019 sont bons tant pour la production que pour la consommation entraînant une structuration de la filière et un marché qui se massifie”, annonce Philippe Henry. 6,1% des achats alimentairesdes ménages se font désormais en bio générant un chiffre d’affaires de 11,9 Mds €, en progression de 13,5% en un an et correspondant à une moyenne 178 €/an/habitant. La Grande Distribution se taille toujours la part du lion en matière de distribution avec 55% du marché devant 28% des achats en magasins spécialisés, 11% en vente directe, 6% chez les artisans commerçants. Côté production, l’Agence Bio a enregistré plus de 70 300 opérateurs engagés en bio travaillant désormais sur 2,3 millions d’hectares, soit 8,5% de la surface agricole.

Au delà de ces chiffres encourageants, il s’agit d’une vraie dynamique et d’une prise de conscience des liens ainsi tissés entre les collectivités, les consommateurs, les producteurs et le territoire. “Autre enseignement, l’origine France est de plus en plus recherchée dans toutes les filières. Cette attention portée par les consommateurs à acheter des produits nationaux, voire locaux, est portée par l’idée que nos achats sont nos emplois, qu’ils impactent directement notre environnement. Là encore, les consommateurs identifient le bio comme une réponse efficace à ces défis territoriaux grâce notamment à l’ancrage des circuits courts”.

Les vins et boissons alcoolisées se classent d’ailleurs en tête des approvisionnements locaux avec 99% d’origine France. Les chiffres de consommation divergent néanmoins selon les filières : aux côtés des œufs et des produits laitiers, les catégories les plus consommées en bio (à plus de 98%), de la bière et des surgelés, les plus dynamiques avec une croissance entre 24 et 31%, le secteur du vin et des boissons alcoolisés affiche encore de belles marges de progression avec seulement 9% de produits bios consommés en 2019. Néanmoins, ils ont déjà doublé en cinq ans, passant d’un chiffre d’affaires de 500 M€ en 2014 à 979 M€ en 2019, en hausse de 5% en un an (14 000 ha engagés l’an dernier), de 23% en cinq ans. Et gageons que les chiffres 2020, “grâce” en partie au Covid auront fait un bond spectaculaire selon les premières estimations. “La très forte évolution des surfaces en conversion relativement au nombre de domaines révèle l’engagement de domaines plus vastes concentrés dans le Bordelais et le Languedoc. Cette dynamique porte à plus de 14% la part du vignoble de France conduite en bio” relève le rapport de l’Agence Bio qui dénombre 8039 exploitations bio en 2019, en progression de 20%, avec plus 68 500 ha certifiés. Sans compter 43 500 ha en conversion (+59%) soit un total de plus de 112 000 ha. Le bio semble enfin en marche entre les rangs de vigne…