©F. Hermine
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Le négociant-vinificateur a enrichi il y a quelques mois son portefeuille du domaine de Targuerie en Côtes-de-Gascogne, en bio depuis une quinzaine d’années.

C’est la dernière acquisition de François Lurton. Le domaine de Targuerie à Cazaubon (32), du nom du lieu-dit. A la limite entre le Gers et les Landes, il s’étire sur 55 hectares dont une quinzaine de vignes certifiées bio depuis 2008. « Je travaillais déjà avec ce vignoble comme partenaire pour le vin Les Fumées Blanches à 100 % sauvignon. Et nous avons eu l’opportunité avec ma femme Sabine d’acheter le domaine pour continuer d’étoffer avec des armagnacs notre gamme de spiritueux lancée en 2016  – le gin Sorgin à base de sauvignon puis le vermouth Léonce ». La propriété qui appartenait à un financier belge Pierre Dupont produisait déjà vins et armagnacs, à partir d’un encépagement en sauvignon, colombard, chardonnay, gros manseng, merlot, tannat mais également baco et folle blanche pour le spiritueux gascon. François Lurton envisage d’arracher le chardonnay et de replanter davantage de sauvignon et de folle blanche. Car le négociant-vinificateur n’a rien perdu de sa passion pour le sauvignon qu’il a vinifié dans le monde entier même si ces domaines de Nizas et Mas Janeil en Languedoc produisent également rouges et rosés. « Dans l’entre-deux-mers où était la propriété familiale de Château Bonnet, j’ai été quasiment nourri au sauvignon au biberon et j’ai exercé pendant les années mon activité de flying winemaker, en particulier pour les blancs ».

Une épopée gersoises de longue date

Le producteur-négociant rappelle qu’il est d’ailleurs venu dans le Gers il y a 25 ans pour ce cépage en créant les Fumées Blanches, un vin de France qui représente aujourd’hui un approvisionnement de 700 hectares pour la référence classique dont 200 pour le Côtes-de-Gascogne bio. « Toutes mes propriétés sont en bio aujourd’hui et même en biodynamie au Chili car j’ai appris avec mon père, André, à faire à la fois des volumes et de la qualité sans compromis. Mais en France, la certification coûte très cher quand on produit de gros volumes et la démarche est plus difficile dans une région humide comme le Sud-Ouest – nous avons d’ailleurs perdu une grosse partie de la récolte l’an dernier. Nous avons donc choisi de repasser Targuerie simplement en bio ».

Dans le Gers, François Lurton aime travailler avec 7 ou 8 œnologues de l’Hémisphère sud qui viennent l’assister pour la récolte et la vinification dans les coopératives et les domaines fournisseurs. « Je n’achète jamais de vins en vrac, je préfère tout maîtriser, récolter au bon moment des raisins propres vendangés dans des remorques inertées au gaz carbonique et vinifiés sur lies à l’abri de l’oxygène et a soufre minima. L’essentiel est de travailler sur l’acidité pour qu’un vin se conserve parfaitement dans la bouteille ». Ce sauvignonphile insiste également sur la vigilance nécessaire dans les vignes pour travailler en préventif et la précision que nécessite ce cépage, notamment au moment de la vendange. Avec l’hectare de tannat de Targuerie vinifié à part dans de vieilles barriques, François Lurton a sorti son premier millésime de rouge en levures indigènes, vinifié en amphores de grès. Il a également distillé cette année son premier armagnac et a déjà assemblé un VSOP bio de 2015 et 2009 à 75 % folle blanche associée au baco, et un brut de fût de folle blanche de 2009. Les spiritueux portent le nom de Récapet, du nom de l’arrière grand-père Léonce, distillateur à Branne (33) au début la fin du XIXe siècle et qui avait inventé la chauffe de l’alambic à la vapeur avant de se lancer dans la viticulture et de donner naissance à une grande lignée de vignerons.

Terre de Vins a aimé :

Domaine Les Fumées Blanches Côtes-de-Gascogne bio 2021 (15 €) : Des notes de citron, d’amande fraîche sur uyne note exotique et une nuance fumée. Frais et minéral sur une tension portée par les agrumes

Domaine de Targuerie rouge Côtes-de-Gascogne bio 2020 (22 €) : Des fruits noirs, des notes de kisch, de réglisse sur une pointe de violette et de prunes, des tanins soyeux et une finale légèrement cacaotée.

Bas-Armagnac VSOP Récapet bio (50 cl -55 €) : Dans un flacon-montre, une robe ambrée aux arômes d’abricots secs, de raisins de corinthe, d’épices sur une note cacao-vanille discrètement boisée.