Légende du cinéma français, Jean-Paul Belmondo vient de s’éteindre à 88 ans. C’est un acteur hors normes qui disparaît, dont la popularité touchait toutes les générations et dépassait les frontières. « Bebel » laisse derrière lui l’image d’un certain panache à la française.

Icône de la Nouvelle Vague, héros d’action, séducteur, clown, enfant gâté, homme de Rio, Magnifique, Professionnel, Incorrigible, Marginal, Guignolo, As des as, Flic ou voyou… Pendant près de sept décennies, Jean-Paul Belmondo a incarné une certaine idée du cinéma français. Une star, une vraie, un « monstre sacré » dont le seul nom suffisait à attirer les foules, dans les salles de cinéma ou devant leur petit écran, pour le film du dimanche soir. Celui qui a été révélé par Godard et a tourné avec les plus grands (Verneuil, Melville, Sautet, De Broca, Truffaut, Chabrol, Resnais, Lelouch, Oury…) vient de tirer sa révérence à l’âge de 88 ans. Frappé par un accident cérébral en août 2001, il s’était presque intégralement retiré des plateaux de tournage, et ses apparitions publiques se faisaient de plus en plus rares ces derniers temps.

Il laisse derrière lui une filmographie foisonnante, des rôles emblématiques, et des souvenirs nostalgiques en pagaille à tous les amoureux de cinéma qui ont vibré devant ses personnages, des plus graves aux plus cabotins. D’origine italienne par son père, Belmondo incarnait une certaine France, pleine de panache, de charme, de désinvolture et d’humour. Cette France qui le pleure aujourd’hui, elle était merveilleusement encapsulée dans « Un singe en hiver », réalisé par Henri Verneuil en 1962. Tirée d’un roman d’Antoine Blondin, cette comédie dramatique met en scène Belmondo et Gabin dans un duo d’anthologie, deux compères sévèrement portés sur la bouteille, qui « n’ont pas le vin petit » ni « la cuisine mesquine » (merci à Michel Audiard pour les dialogues…) Autant de scènes inoubliables que tous les amateurs de bons flacons ont forcément gardé en mémoire.

Adieu, Bebel, et merci pour le cinéma.