Jeudi 27 Août 2026
Frédéric Massi ©Célestin Coutaud
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Date
27.08.2026
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Alors que les vendanges en blanc ont débuté mi-août dans le vignoble bordelais, nous sommes allés à la rencontre de Frédéric Massie, associé et consultant du cabinet bordelais Vignerons Consultants, pour en apprendre plus sur ce millésime 2026. Le point en cinq questions.
Oui, c’est unanime, tout le cycle a été incroyablement précoce : la première fleur, la première baie verrée, le premier coup de sécateur… Ce 2026 a une quinzaine de jours d’avance sur le millésime le plus précoce que nous avions connu jusque-là, 2020 ou 2022 selon les endroits. Au début de ma carrière, dans les années 2000, et jusqu’en 2014 environ, les vendanges des blancs commençaient début septembre. Sur un millésime comme celui-ci, elles ont débuté autour du 15 août. Il devrait y avoir assez peu de latence entre les blancs et les rouges, qui devraient largement débuter la semaine du 31 août, pour privilégier l'aspect aromatique.
En termes de volume, c’est une bonne surprise, les premières quantités en blanc sont plutôt bonnes, entre 40 et 55 hL/ha. C'est aussi un millésime sélectif. Au-delà des terroirs, le juge de paix est l'alimentation hydrique. Dans l'ensemble, la vigne est une plante qui aime le déficit hydrique. Les vieilles vignes ont globalement plutôt bien tenu le choc, avec des rendements très corrects. En revanche, toutes les vignes de moins de quinze ans, dont l’enracinement n’est pas encore totalement développé, ont souffert. Lorsque les fruits commencent à se déshydrater, il vaut mieux ramasser. En blanc, il est toujours important de préserver de l’acidité, c’est pourquoi il y a eu des décisions de vendanges prises particulièrement tôt dans le millésime.
Les grands terroirs s'en sortent toujours mieux, c’est ce qui fait leur qualité. En parallèle, on assiste aussi à une évolution intéressante. Des terroirs qui ne sont pas de première catégorie en termes de sols, un peu limités, souvent en pied de côtes, plus humides et parfois sujets aux maladies, s'en sont très bien sortis, car ils reçoivent un peu plus d’eau.
Outre les conditions climatiques de la dernière semaine d’août qui seront décisives, le vinificateur a aussi son rôle à jouer dans la sélection de la maturité, à la vigne comme à l’entrée au chai. De gros décalages de maturités existent dans une même parcelle entre jeunes complants productifs et vieilles vignes. Pour préserver l’éclat aromatique, il faudrait idéalement ramasser les jeunes vignes sans attendre la maturité des vieilles vignes, mais ces décisions de double passage ont un coût.
C’est là que le rôle du consultant est primordial, pour prendre la meilleure décision par rapport à chaque budget. À l’arrivée au chai ensuite, les réceptions de vendanges, initialement paramétrées pour éliminer les baies non-mûres, peuvent aussi être paramétrées pour enlever les baies sur-mûries ou cuites, victimes des vagues de chaleur successives. Pour préserver l’éclat aromatique, on peut aussi jouer sur les températures de fermentation, des fermentations avec une proportion de grappes entières qui donnent toujours des choses un peu plus explosives aromatiquement, et des élevages en milieux plus réducteurs, plus conservateurs.
Le profil naturel des vins s’annonce assez tannique, puisque la chaleur, la lumière, la température, la concentration du CO2 dans l'atmosphère ont stimulé la photosynthèse, à l’origine de sucres et polyphénols. La contrainte hydrique favorise aussi ce profil. Tout dépend désormais du déroulé de la fin du cycle. Il y a eu ces derniers jours des orages avec de très grosses précipitations, un phénomène instable qui risque de durer une semaine. Cette dose d’eau peut complètement changer le profil des peaux et de la maturité, qui pourrait passer d’une maturité dominée par l'aspect sucre, alcool et tanins, à des maturités abouties, permettant de conserver un caractère bordelais dans les vins.

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