(photo Joanna Margan/Vinexpo)
(photo Joanna Margan/Vinexpo)

La troisième édition de Vinexpo Explorer vient de se dérouler dans le Beaujolais. Ce rendez-vous business au format court a permis de réunir 70 acheteurs de 32 nationalités dans la région.

Vinexpo se renouvelle et innove avec de nouveaux concepts et événements business, tout en restant fidèle à son ADN de mise en relation de tous les acteurs du monde du vin. L’événement Vinexpo Explorer, né il y a trois ans, a pour objectif de mettre en valeur un vignoble chaque année. Après l’Autriche et la Sonoma Valley, 70 acheteurs de 32 nationalités se sont retrouvés en Beaujolais du 30 septembre au 1er octobre pour en découvrir les richesses et le potentiel.

Une star par an

Rodolphe Lameyse, directeur général de Vinexpo, explique que l’équipe a fait le pari il y a quatre ans de favoriser le business d’une manière plus intime que via les salons, et un peu plus accompagnée : parce qu’il n’y a pas que la Bourgogne, la Napa Valley ou le Barolo dans la vie, et que le temps est souvent compté lors des salons Vinexpo, autant mettre le pied à l’étrier des acheteurs et les aider à mieux connaître, voire découvrir, une région.

L’Autriche a décroché la première année, puis la Sonoma Valley afin de sortir la tête hors de l’ombre de la Napa, et cette année le Beaujolais.

Comme le souligne Paul Marchais, responsable du Business Développement pour Vinexpo, “l’idée pour cette édition était de se recentrer sur la France, et d’apporter un soutien à une région qui le mérite et qui paye encore trop cher des a priori nés d’une époque révolue. Nous sommes là pour apporter un coup de pouce à une tendance qui existe déjà, à mettre en lien des acteurs de la filière aux intérêts convergents et à créer une communauté d’acheteurs”.

Vinexpo sélectionne et invite des acheteurs aux quatre coins du monde, pendant que le vignoble (en l’occurrence l’interprofession du Beaujolais), mobilise ses troupes afin qu’un nombre représentatif de domaines soient présents, chacun ayant une éventuelle carte business à jouer.
Dominique Piron, le président d’Interbeaujolais, a souhaité également mettre en avant la jeune génération, en l’aidant à participer à un événement qui n’est pas gratuit pour les vignerons, et qui n’est pas forcément accessible à un jeune agriculteur.
Dix jeunes vignerons ont séduit tout le monde (Château du Carra, Cyril Coperet, le domaine Baron de l’Ecluse, le domaine de la Grosse Pierre, le domaine Dupré Goujon, Grégoire Hoppenot, le domaine des Marrans, le domaine Naturabilis et le domaine Olivier Pezenneau), aux côtés de 52 autres domaines et vignerons, allant de la maison de négoce au vigneron indépendant, du Beaujolais festif au Beaujolais d’exception en passant par les Beaujolais de caractère.

Un potentiel à découvrir

De Jancis Robinson, critique britannique internationalement reconnue, pour qui le Beaujolais est l’une des régions où se concentrent le plus d’opportunités de marchés intéressantes, à Dominique Piron qui déclare “qu’ouvrir une bouteille de vin, c’est ouvrir une fenêtre sur un terroir, mais qu’ouvrir une bouteille de Beaujolais, c’est ouvrir une fenêtre sur l’amitié”, les atouts affirmés du vignoble ne manquent pas. Chacun attend donc beaucoup de ce genre d’événement
.
Les acheteurs d’abord, qui espèrent découvrir de nouveaux marchés intéressants et florissants. Chacun à leur manière : le chef sommelier du 67 Pall Mall londonien espère dénicher des pépites, produites par un vigneron indépendant et orienté bio et biodynamie, quand d’autres acheteurs vont rechercher avant tout un volume suffisant (et donc important), et d’autres encore les cuvées qui leur permettront de se démarquer de leurs concurrents, en profitant pour découvrir le Beaujolais, inconnu autrement que de nom pour certains.
Quant aux vignerons, ils comptent sur cet événement pour leur permettre de consolider leurs marchés existants mais aussi d’en développer de nouveaux.

Chaque acteur choisit donc ceux de l’autre partie qu’ils souhaitent rencontrer en fonction des attentes, par le biais d’une dégustation possible de tous les domaines présents, puis par une série de rendez-vous en B2B.

Vinexpo a également apporté sa touche personnelle en sélectionnant plusieurs acheteurs sud-américains, pas forcément identifiés comme étant une cible de choix par les vignerons, mais dont les tendances d’achats vont dans le sens des vins du Beaujolais.

Les retombées seront mesurables dans quelques mois. Vinexpo Explorer fera une pause en 2020, l’agenda étant déjà chargé, avec notamment l’avènement de Vinexpo Paris en février 2020, et reviendra peut-être avec une nouvelle tendance, en mettant en avant une région productrice de spiritueux.