Après l’exclusion du réseau swift de plusieurs banques, la fermeture de l’espace aérien européen, la suspension de l’accès à des « technologies cruciales », la fin des importations de pétrole russe, l’Union européenne a décidé de s’en prendre au mode de vie des oligarques en annonçant hier l’interdiction des exportations de produits de luxe vers la Russie, qui pourrait concerner un certain nombre de vins et spiritueux.

C’est une nouvelle tombée hier, à la suite des sanctions convenues par les membres du G7, la Commission européenne à travers la voix de sa présidente Ursula von der Leyen vient d’annoncer un quatrième train de mesures restrictives à l’encontre de la Russie. Parmi les mesures majeures, on relèvera le refus du statut de la nation la plus favorisée sur nos marchés, la suspension des importations des biens essentiels dans le secteur du fer et de l’acier venus de Russie  et à l’inverse, l’interdiction de l’exportation des produits de luxe vers la Russie. « Ceux qui soutiennent la machine de guerre de Poutine ne devraient plus pouvoir profiter de leur mode de vie aveugle alors que les bombes tombent sur des innocents en Ukraine. » Parmi les produits de luxe concernés pourraient figurer certains vins et spiritueux, notamment le champagne et l’Asti Spumante si on s’en tient à la liste des produits considérés comme luxueux déjà désignés par la Commission européenne pour la Corée du Nord. Les Etats-Unis ont adopté la même voie et suspendent les exportations de vêtements de luxe, des produits dérivés du tabac, des bijoux, des antiquités…

Les grandes maisons de luxe françaises dont LVMH avaient de toute façon dans l’ensemble déjà pris les devants dès le 4 mars en décidant la fermeture de leurs magasins en Russie. Pour le champagne, ce marché représente environ 1,7 millions de bouteilles par an et 35 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un débouché intéressant mais mineur si on le compare par exemple au marché américain et ses 34 millions de bouteilles vendues en 2021. C’est d’ailleurs le deuxième embargo vers la Russie que connaîtra la filière. En effet, à la suite de la décision du gouvernement russe en juillet d’interdire aux vins mousseux qui ne sont pas originaires de Russie l’emploi du terme « Shampanskoye », traduction du terme champagne, les Champenois avaient déjà décidé d’interrompre leurs exportations vers ce marché en signe de protestation. Cet embargo avait toutefois été levé le 15 septembre dernier.