(photo M. Boudot)
(photo M. Boudot)

Cette longue bande de vignoble entre la Bresse et le massif du Jura, l’un des plus petit vignoble de l’Hexagone qui s’étire sur 70 km de long mais moins de 2000 hectares, offre des vins originaux, à près de 80% blancs et bulles. Mais pour se familiariser avec ses vins, on peut toujours commencer par un chardonnay floral ou un assemblage à base de pinot noir.

Le petit vignoble jurassien a été bien malmené ces dernières années par la météo. Le millésime 2019, s’il s’annonce de belle facture, a souffert de gels localisés, d’où une situation très hétéroclite chez les vignerons, contrairement au gel général de 2017. Cela engendre néanmoins une baisse supplémentaire de volumes après une seule année 2018 à bons rendements. « Avec 26 hl en moyenne sur le vignoble, le marché est tendu même si nous avions un peu de stocks de 2018, reconnaît le président des vins du Jura, Franck Vichet. On va diminuer la voilure sur la GD, notamment sur les entrées de gamme mais il faut maintenir les efforts sur l’export, redescendu à 16% faute de volumes car on a mis dix ans pour arriver à intéresser les acheteurs ». Les producteurs de vins dits nature, plus d’un quart désormais des 200 caves particulières jurassiennes, regroupés pour la majorité dans l’association Le nez dans le verre, sont très présents désormais à l’extérieur des frontières régionales mais peu sur des salons comme Wine Paris. Ils organisent deux grandes dégustations annuelles, en région et à Paris, pour les prescripteurs et pour le grand public mais plutôt orientés vers des circuits spécialisés.

Un stand collectif pour la première fois

L’interprofession s’est recentrée sur des événements régionaux : la Percée du vin jaune bien sûr le premier week-end de février qui avait lieu à Ruffey sur Seille mais qui n’a accueilli que 20 000 visiteurs recroquevillés sous les averses dans leurs k-ways et sous leurs parapluies, la fête du Chat perché, balade gourmande au fil des monuments historiques de Dôle en septembre avec le double de visiteurs grâce à un automne clément, et quelques présences sur les foires locales. « Mais elle participe pour la première fois à Wine Paris à un grand salon avec un stand dédié, hors du cadre Grande Bourgogne-Franche Comté, accompagné de quelques vignerons, et organise une soirée off pour permettre aux prescripteurs de rencontrer des producteurs jurassiens », insiste la directrice Fanny Delay.

A Wine Paris, les vignerons et fruitières présents jouent sur de larges gammes pour susciter l’intérêt avec les blancs floraux et typés (oxydatifs) qui pèsent 40% de la production globale, les rouges aux cépages autochtones typiquement jurassiens comme le poulsard (ploussard dans le Jura) et le trousseau (20% du total), quelques rosés à la belle couleur grenat, les vins jaunes à base de savagnin (5%), les macvins et les vins de paille, liquoreux issus de raisins passerillés. sans compter les crémants du Jura en belle progression (28%), surfant sur la vague des effervescents. « Et d’ailleurs tous les vignerons ont désormais au moins un crémant dans leur gamme », estime Franck Vichet. Reste à faire découvrir les vins au niveau national et international. « En Franche-Comté, on vend autant de blancs floraux que typés mais hors région, à l’exception des vins jaunes en fin d’année, ce sont les chardonnays floraux qui intéressent, reconnaît Bertrand Delannay, directeur de la fruitière de Voiteur. Nous n’avons aucune référence de blanc typé en national. Quand aux rouges, invendables il y a 15 ans, ils commencent à susciter l’intérêt surtout en monocépage comme le poulsard car le trousseau entre 10 et 15€ est souvent perçu comme trop cher sauf par les amateurs de vin ».

Stand 6L129