Mathilde de Caix Lurton
Mathilde de Caix Lurton

Récemment désignée Directrice générale des Vignobles André Lurton (600 hectares à Bordeaux), Mathilde de Caix-Lurton intègre le groupe familial avec beaucoup d’ambition. Un « retour aux sources » après un brillant parcours international.

Château Bonnet, Château La Louvière, Château Couhins-Lurton, Château de Rochemorin, Château de Cruzeau, Château de Barbe-Blanche. Sous la bannière des Vignobles André Lurton, ce sont près de 600 hectares de vignes qui se déploient, dont 300 pour le seul Château Bonnet, propriété « historique » de cette branche de la famille à partir de laquelle le patriarche André Lurton a fondé l’une des plus belles success stories du vignoble bordelais (dont la création de l’AOC Pessac-Léognan, en 1987, n’est pas le moindre accomplissement). Suite au décès d’André Lurton en 2019, c’est son fils Jacques qui a pris la présidence du groupe familial et poursuivi l’œuvre entamée. Aujourd’hui, les Vignobles André Lurton impulsent une nouvelle ère avec l’arrivée de Mathilde de Caix-Lurton – petite-fille d’André, fille de Christine Lurton et nièce de Jacques – au poste de Directrice générale.

Mathilde de Caix-Lurton arrive au sein du groupe riche d’une expérience internationale. Diplômée d’une école de commerce parisienne ainsi que du DUAD, elle a fait ses classes dans le monde du vin à Bordeaux, en Californie et à Londres, avant de travailler au côté de son oncle François Lurton pendant plusieurs années, d’abord en Amérique du Sud (Argentine, Chili) puis en Espagne. Son parcours, aussi bien technique que stratégique, l’a naturellement amenée à être aussi bien au contact du terrain, des vignes, que des problématiques commerciales. En 2021, elle intègre les Vignobles André Lurton au côté de son oncle Jacques, d’abord en tant que Directrice déléguée, puis depuis le 1er janvier, en tant que Directrice générale, prenant la relève de Pascal Le Faucheur.

Château Bonnet en figure de proue

« En intégrant les Vignobles André Lurton, j’ai fait la découverte d’une entreprise familiale extraordinaire que je connaissais de l’extérieur, mais dont j’ai appris à connaître les grandes valeurs humaines« , explique Mathilde de Caix-Lurton. « Nous travaillons dans un dialogue constant avec Jacques, qui est bien sûr le président et reste le chief winemaker du groupe ; pour ma part je prends en main la partie opérationnelle, les grands projets et développements, les décisions commerciales« . Justement, lorsqu’il s’agit de détailler la feuille de route qui est la sienne, Mathilde détaille : « nous avons l’ambition de devenir un familial de référence à Bordeaux, avec Château Bonnet en figure de proue. Château Bonnet est un lieu magique de 300 hectares à Grézillac dans l’Entre-deux-Mers, nous pouvons y explorer un grand nombre de voies en matière de développement durable, de responsabilité sociétale des entreprises, de pratiques vertueuses comme l’agroécologie, mais aussi de nouveaux cépages – nous y avons planté de l’albariño, du colombard… Nous voulons faire encore mieux vivre ce vignoble et en faire notre rampe de lancement pour de nouvelles cuvées comme notre « sans soufre » qui a été produit pour la première fois en 2020. »

Jamais en retard d’une innovation (ils ont été parmi les premiers à Bordeaux à tenter la capsule à vis sur leurs bouteille), les Vignobles André Lurton se retroussent les manches face à un marché du vin mondialisé. Mathilde de Caix-Lurton, qui a travaillé en Amérique du Sud comme en Espagne, sait que la concurrence internationale est rude mais croit aux atouts des vins de Bordeaux : « nous avons des arguments pour repartir à la conquête des amateurs, il nous faut porter une image de renouveau des vins de Bordeaux, avec le sourire ». Pour cela, les Vignobles André Lurton disposent d’une large palette. À côté du « navire amiral » Château Bonnet, on trouve aussi bien un cru classé de Graves comme Château Couhins-Lurton, et une pépite dotée d’une marque forte comme Château La Louvière (propriété « chouchou » d’André Lurton), qui a vocation à ouvrir davantage ses portes via l’œnotourisme. Rochemorin, Barbe-Blanche et Cruzeau ne sont pas en reste, comme en attestent de nouvelles micro-cuvées monocépages : la première, récemment dévoilée, est Tracé Carménère, un 100% carménère issue du vignoble de Cruzeau, produit à hauteur de 700 bouteilles et déployant un profil très original (prix indicatif 45 €). Un 100% cabernet franc du château Barbe-Blanche et un 100% petit verdot de Rochemorin doivent bientôt être dévoilés, en attendant, plus tard, un 100% malbec. Les projets sont donc nombreux au sein des Vignobles André Lurton, et Mathilde de Caix-Lurton croit à la force du collectif, avec 180 personnes travaillant au sein du groupe : « l’humain est notre plus grande force, c’est ce qui va nous permettre de continuer à grandir, et à fédérer autour de nous, pour le bien des vins de Bordeaux« .