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[Nouvelle-Aquitaine] Producta Vignobles modernise la tradition

Auteur

Jean-Michel
Brouard

Date

13.06.2023

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A l’heure où Bordeaux fait face à des problématiques d’arrachage d’une partie de son vignoble, la structure Producta Vignobles tente de donner une image plus moderne pour s’adresser à tous les consommateurs en les décomplexant.

Producta Vignobles, dont la création remonte à 1949, est un acteur important des vignobles du Sud-Ouest, de Bordeaux à Bergerac avec 15 millions de cols vendus par an. Pourtant, ce nom ne vous évoque certainement rien. C’est plutôt normal car il s’agit d’une structure portée par 20 caves coopératives actionnaires réparties sur le Sud-Ouest. Cette « maison de négoce à caractère coopératif » achète une partie de la production à ces coopératives qui regroupent 2500 vignerons. Ce maillage du territoire permet à Producta Vignobles de proposer une très large gamme d’IGP et d’AOP, du Médoc à Pécharmant, des satellites de Saint-Emilion à Bergerac ou Monbazillac. Et si une large part des références continue de porter une image classique et statutaire, prompte à satisfaire une clientèle relativement âgée, une nouvelle dynamique a été enclenchée depuis peu. « Nous souhaitons pouvoir recruter des consommateurs plus jeunes, trentenaires et quadras, avec des vins de qualité portés par des concepts marketing forts » explique Camille Dujardin, le Directeur Général. C’est ainsi que Producta Vignobles a dévoilé ses Innovations, gammes joyeuses, volontairement décalées qui montrent qu’il est aussi possible de sortir du cadre à Bordeaux en offrant « des bouteilles plus funky d’un très bon rapport qualité-prix » renchérit Camille.

Une approche décomplexée
Sans la qualité, tout effort marketing se transforme vite en coup d’épée dans l’eau, les consommateurs même néophytes étant loin d’être des pigeons. C’est bien ce qu’a compris Producta Vignobles en dévoilant sa gamme « Les BOBIO Bordelais ». Une étiquette radicale, très inspirée des codes de la bière, qui joue sur la simplicité et une image dépoussiérée. Des vins bios donc, vendus en grande distribution à 6,5€ dans les 3 couleurs. Des vins souples, très plaisants, à l’image du blanc parfaitement représentatif du vin de soif qu’on attend qu’il soit. Camille explique que « l’idée ici est de permettre aux consommateurs d’identifier facilement ces vins dans les rayons ». Cela n’est pas sans rappeler les petites récoltes qui surfent depuis des années sur cette même approche avec succès.

©producta.com

Autre nouveauté, la gamme « Bip-bip le satellite ». Là aussi, le ton est volontairement différent pour éviter de créer une muraille difficile à franchir pour des consommateurs non avertis. Des jus issus des différentes appellations de Saint-Emilion avec des étiquettes très similaires qui se singularisent par la mise en avant de PU, MO ou LU (pour Puisseguin, Montagne et Lussac). Avec à la clé, des jus faciles à boire, bien fruités, accessibles et équilibrés.

Même démarche côté Médoc avec un Code M énigmatique, fidèle à son terroir qui se découvre en miroir sur l’étiquette mais n’est plus le point d’entrée. Et pour aller même plus loin, la gamme Flore & Marius en IGP Atlantique abandonne la bouteille bordelaise pour une sorte de bourguignonne. Des bouteilles qui parlent immédiatement avec des étiquettes typées BD et des vins simples et compréhensibles par tous. De quoi redonner des couleurs à ces vins de Bordeaux à petits prix qui ont, plus que jamais, une vraie carte à jouer auprès d’un public moins attaché à la tradition.