(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

Dorénavant en Bourgogne, il n’y aura pas crémant et crémant mais crémants Éminent et Grand Éminent quand il s’agira de tutoyer l’excellence.

Pour valoriser leur production, les élaborateurs de bulles AOC bourguignonnes auraient pu passer par une modification du cahier des charges pour obtenir de l’Inao une catégorie supplémentaire, à l’instar des cavas avec leur Réserva et Gran Reserva mais une telle démarche aurait sans doute pris 7 à 10 ans. Les Bourguignons ont choisi un raccourci en adoptant deux nouveaux labels assortis d’un cahier des charges pour ériger une pyramide à trois étages. Il y aura donc dans les prochaines semaines sur les rayons des grandes surfaces, des cavistes et des caveaux trois catégories de crémants : le crémant classique avec un vieillissement sur lattes de un an ; l’Éminent avec les quatre cépages bourguignons que sont le chardonnay, le pinot noir, le gamay et l’aligoté avec un temps de vieillissement minimum de 24 mois ; et le Grand Eminent à base uniquement des premiers jus de presse de pinot noir et chardonnay et un vieillissement minimum de 36 mois.

Certification et tradition

« Il nous fallait un nom français qui rassure, qui sonne haut de gamme, qui soit facilement prononçable ailleurs que dans l’Hexagone et qui évoque la tradition de notre région » explique Pierre le Couëdic, délégué général de l’Union des Producteurs et Élaborateurs de Crémant de Bourgogne. Le cahier des charges contrôlé par un organisme extérieur de certification donnera droit à la mention sur l’étiquette ou à l’apposition d’un logo en forme de chapiteau de pilier d’abbaye, argenté pour Éminent, doré pour Grand Éminent, à coller sur la bouteille ou à intégrer à l’étiquette ou contre-étiquette. « L’objectif est de montrer la capacité de vieillissement des crémants avec une traçabilité irréprochable, précise Edouard Cassanet, président de l’ODG Crémant de Bourgogne et directeur de la cave de Lugny. Et d’offrir un repère clair aux consommateurs ».

Un comité de dégustation à deux niveaux

La démarche est complétée par un comité de dégustation original composé de professionnels et d’amateurs qui jugent le contenu à la fois à l’aveugle et avec le packaging et fournissent une estimation du prix et du moment de consommation à privilégier pour la cuvée (apéritif, repas, digestif…) Les élaborateurs reçoivent dans la foulée les commentaires détaillés. Un premier comité a eu lieu en mars pour valider les candidats. Une cinquantaine d’opérateurs (sur un total de 3300 produisant déjà environ 18 millions de bouteilles) ont postulé pour la première catégorie, positionnée entre 10 et 15€, une quinzaine pour la seconde, au delà de 15€. Toutes les familles (négociants, producteurs, coopératives) sont concernées. Une valorisation claire et précise et une aide à la décision précieuse avant de s’offrir de belles bulles made in Bourgogne. Alors, cherchez le chapiteau !