Photo Frédérique Hermine.
Photo Frédérique Hermine.

La maison chalonnaise fête ses 190 ans avec un coffret de trois vieux millésimes et un blancs de noirs monocépage, monoparcelle et mono-millésime.

Difficile de suivre les Perrier en Champagne sans un arbre généalogique sous les yeux. Si on tente de résumer, il existe trois Perrier dans les marques de Champagne : Laurent-Perrier et Perrier-Jouët, accolage de deux patronymes suite à un mariage, et Joseph Perrier, la plus petite maison mais dotée d’un vrai prénom.

Joseph Perrier s’installe à Châlons en 1825 dans un ancien relais de poste ; c’est désormais la seule grande marque nationale restée dans ce secteur à l’est du département de la Marne et qui a compté un millier d’hectares jusqu’à la Révolution. Paul Pithois, qui a dirigé la maison dans la seconde moitié du 19ème, était l’arrière grand-père côté maternel de Jean-Claude Fourmon, le président depuis 1980 qui a su moderniser toutes les installations ; il vient d’être rejoint par son fils Benjamin. Mais les histoires de famille ne s’arrêtent pas là : côté paternel, Jean-Claude Fourmon a un cousin germain qui n’est autre qu’Alain Thiénot avec lequel un rapprochement aboutira en 1998 à l’intégration de la petite maison chalonnaise dans le grand groupe Thiénot aux côtés des champagnes éponymes, de Canard Duchêne et de Marie Stuart tout en gardant son autonomie. La maison possède 21 ha en propre dont 9 du premier cru Cumières et plus d’une cinquantaine en appro, principalement pour les chardonnays dans la région de Bassuet près de Vitry-le-François.

Le premier blanc de noirs de la maison

Fondée officiellement en 1925, Joseph Perrier vient donc de fêter ses 190 ans. L’occasion de sortir de son oenothèque trois beaux millésimes, 1995, 1985 et 1975 pour éditer à 190 exemplaires un coffret en bois contenant les trois flacons parés des étiquettes en usage au 19ème siècle (1200 €). La maison a également voulu fêter son anniversaire avec un nouveau champagne, un blanc de noirs, le premier de la maison qui possède pourtant une majorité de pinots sur ses terres. Issu d’une parcelle de 77 ares du premier cru de Cumières, la Cuvée Royale Blanc de Noirs 2008 a été élaborée par le chef de caves Jérôme Dervin, quatrième génération dans la maison (depuis1943) après son père Claude parti en 2014. « Après plusieurs essais, nous avons opté pour un pinot noir de 2008 à zéro dosage.

Une mono parcelle en mono cépage et mono vintage » insiste Jean-Claude Fourmon. La parcelle en question, dit la Côte à bras, plantée de vignes de plus de 20 ans, est voisine de celles de Roederer dont les raisins entrent dans l’élaboration de la prestigieuse cuvée Cristal. C’est dire ! Elle ne pourra produire que 7000 bouteilles par an en moyenne. Un champagne à l’acidité franche sur des notes de mirabelles et de fruits secs, avec un joli nez iodé et salin que l’on garde longtemps en mémoire.