A l’instar d’un nombre croissant de propriétés bordelaises, le château Lagrange à Saint-Julien produit un vin blanc très agréable. Sauf qu’ici, l’histoire remonte à près de 25 ans.

Parler de Saint-Julien blanc serait une hérésie, le cahier des charges de l’appellation interdisant évidemment de produire autre chose que des rouges. C’est donc en « Bordeaux » qu’est classée cette cuvée de blanc sec dont le premier millésime a été produit en 1996. A cette époque, le retour en grâce des vins blancs dans le Médoc n’était pas aussi évident qu’aujourd’hui où l’on redécouvre progressivement la qualité de certains terroirs à les produire. Matthieu Bordes, Directeur du château, nous explique qu’à l’époque, 4 hectares de vignes étaient plantées de cabernet-sauvignon qui de toute évidence auraient dû être plantées en merlot. Au lieu de les arracher, l’idée a été de les surgreffer. Toutefois, ce ne sont pas des cépages rouges qui vont être utilisés mais du sauvignon blanc, du sauvignon gris et de la muscadelle. Cette dernière a été arrachée depuis et remplacée par du sémillon.

Une excellente nouvelle pour l’assemblage de ce vin qui continue d’être majoritairement porté par le sauvignon blanc (60%) mais qui y a ainsi gagné de l’ampleur et de la rondeur. Un peu plus de 30 000 bouteilles sont produites chaque année et coûtent entre 20€ et 25€ selon les millésimes. Le 2018 présente un nez très variétal, bien marqué par le sauvignon dont il exhale immédiatement le côté fruits exotiques. En s’épanouissant dans le verre, il évolue ensuite vers des notes d’agrumes et dérive même vers quelques légères notes épicées en fin de bouche. C’est frais, équilibré et très agréable à boire. Et surtout c’est une alternative originale qui démontre, une fois de plus, la capacité de Bordeaux à produire des vin blancs secs purs et droits. A découvrir.