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Photo : "Bougies" à Pommard. Domaine Huber-Verdereau.

La Bourgogne, Chablis en particulier, est à nouveau touchée par un épisode de gel printanier… Les dégâts sont encore difficiles à estimer et le froid est encore au programme ces prochains jours.
Grimace, grincements de dents et messages de condoléance se multiplient sur les réseaux sociaux. Et comme l’impression d’être revenu un an en arrière.

« Sur les bas de mes parcelles, le gel a impacté entre 30 et 50% des pieds. Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact définitif. Nous avons eu une averse mardi qui a apporté de l’humidité et rendu le phénomène plus dangereux. La nuit dernière cette humidité était moins forte », explique Samuel Billaud, vigneron à Chablis. Pour l’instant, il se refuse à faire des comparaisons avec la situation de 2016 (35% de récolte anéantie à Chablis) mais les dégâts sont là. D’autres secteurs plus gélifs du vignoble pourraient avoir été plus fortement atteints. « Notre vigne sur Chablis a été touchée, déplore Ghislaine Goisot (Domaine Goisot à Saint-Bris-le-Vineux), mon mari est en train de faire le tour des vignes. »

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Beaucoup ont passé la nuit dehors pour mettre en action les systèmes de bougies ou par aspersion d’eau qui assurent une protection des parcelles les plus prestigieuses ou sensibles.

Échaudés par le printemps 2016, certains ont pris les devants et mis en place des parades.
« J’ai acheté des bougies le mois dernier en me groupant avec des collègues, explique Thiebault Huber (domaine Huber-Verdereau à Pommard). Je les ai allumées vers 4 heures du matin dans le Clos du Colombier et dans mes premiers crus Bertins et Fremiets (Volnay et Pommard). Cela représente un coût de 3 500 € par hectare. » La maison Latour (Beaune) a mobilisé 12 personnes sur ces parcelles de corton-charlemagne la nuit dernière. Une lutte nocturne pour gagner les 1 ou 2 degrés qui font la différence…