Figure du vignoble de Bourgogne, Louis Latour, président de la célèbre maison de négoce beaunoise qui porte son nom, est décédé. Il avait 84 ans.

« Il n’existe pas d’autre vignoble au monde dont le parcours ait été à ce point rectiligne pendant une période aussi longue », écrivait Louis Latour dans un ouvrage qu’il avait publié en 2012 *. Il parlait évidemment de la Bourgogne, vignoble qui a vu se succéder une véritable dynastie Latour depuis 1731. Rectiligne, le parcours de cette figure du négoce Bourguignon l’a aussi été.

Louis Latour est né à Aloxe-Corton en 1932, dans la commune où la maison familiale, créée en 1797, s’est épanouie. Diplômé de Sciences-Politique en 1954, il rejoint quatre ans plus tard son père et son oncle à la direction de la maison. Il en prend seul la tête en 1973, présidant aux destinées du plus vaste domaine de grands crus de Bourgogne, 27 ha, dont la grande majorité sur la colline de Corton. Il a aussi assumé de nombreuses fonctions syndicales comme président de l’Union des maisons de vins de Bourgogne et de la Fédération des exportateurs de vin et spiritueux. Louis Latour passera la main en 1999 à son fils Louis-Fabrice.

Entre-temps, en 1997, la maison Latour a été admise dans le cercle très fermé des Hénokiens. Ce club regroupe des sociétés de tous les continents, restées familiales depuis 200 ans ou plus et portant toujours le nom de leur fondateur.

Louis Latour s’est aussi fait remarquer par ses appréciations iconoclastes sur la notion de terroir dont il est beaucoup question en Bourgogne. Pour lui la qualité serait avant tout un fait culturel et technique avant d’être un bienfait de la nature. Une position qu’il a largement argumentée pendant les dernières années de sa vie dans son ouvrage, « le premier et le dernier » disait-il consacré à l’histoire qualitative des vins de Bourgogne.

* Vin de Bourgogne, le parcours de la qualité – Ier siècle-XIXe siècle – Editions de l’Armançon