(Photo P. Martinez)
(Photo P. Martinez)

Certifiée bio depuis 2010, la propriété a perdu 30% de sa récolte en 2018 à cause du mildiou. Mais pas question de renoncer, même malgré la révision du cahier des charges bio européen.

On le sait, 2018 a été une année très compliquée pour les propriétés en bio. Porté par le climat, le mildiou a fait des ravages. A cette situation, s’est ajoutée fin novembre une décision européenne qui interroge : alors que jusque-là l’utilisation du cuivre était limitée à 6 kilos par hectare et par an, elle va passer à 4 kilos par hectare et par an. Et il en sera ainsi pour les 7 prochaines années. Avec toutefois une possibilité de lissage. En clair, les bio pourront ajuster leur besoin. Mais avec cette limite : au bout du compte, sur les 7 prochaines années, ils ne devront pas aller au-delà de 28 kilos cumulés par hectare.

Difficile à comprendre pour Benjamin Hessel, dont le château des Annereaux, en Lalande de Pomerol, est certifié bio depuis 2010. « Je me pose des questions sur la pertinence de ce nouveau règlement. Si je regarde en arrière, excepté 2010 et 2011 où j’étais à 3 kilos par hectare, depuis, sur les 7 dernières années, j’ai toujours été au-dessus de 4 kilos. Donc, dans ces conditions, je ne passe pas. Je vais stresser encore plus. Là, on ne va pas dormir. Et surtout ça ne va pas inciter ceux qui voulaient se convertir en bio à le faire. Certains vont faire machine arrière. »

Surtout si les années comme 2018 se répètent. « Pour ce millésime 2018, j’ai perdu près de 30% de la récolte », souligne-t-il. Presque un moindre mal comparé au gel dévastateur de 2017 : « Là, nous avions perdu 92% de la récolte ». Aussi, quand le mildiou frappe au printemps dernier, la situation n’est pas simple à vivre : « Il faut être convaincu pour faire du bio, dit-il. Je n’ai pas l’intention de changer de voie. Mais il faut pouvoir faire face. J’ai la chance d’être en Lalande de Pomerol. Il faut reconnaître que nous ne sommes pas tous égaux. » Toujours est-il qu’il a intégré une donnée : « Dans ma tête, je sais que je vais perdre 20% de récolte par an ». Mais, ajoute-t-il : « C’est le prix à payer ». Le prix de ses convictions.

Château des Annereaux est présent à Bordeaux Tasting les 15 et 16 décembre, stand B6.