(photo Alain Benoît - Deepix)
(photo Alain Benoît - Deepix)

J-2 avant l’ouverture de la Cité du Vin à Bordeaux. Pour accompagner cet événement, « Terre de Vins » a concocté un numéro hors-série qui sortira en kiosques le 1er juin. Chaque jour, nous vous proposons des extraits exclusifs de ce numéro. Aujourd’hui, morceaux choisis de la Saga consacrée aux personnalités qui ont porté ce projet de Cité du Vin à bout de bras. Dont Alain Juppé et Sylvie Cazes…

Le rêve est donc devenu réalité. Mais ne nous méprenons pas. Si la Cité du vin se dresse devant nous aujourd’hui avec sa forme unique, ses courbes envoutantes et ses 14 000 m² répartis sur dix niveaux en bordure de la Garonne, la réalisation de ce projet unique n’a pas été sans mal. Il a fallu de la persuasion, de la patience et une réelle obstination. Véritable serpent de mer depuis une quinzaine d’années dans la préfecture girondine, il avait plus d’une qualité pour ne jamais voir le jour. A commencer par celle – presque rédhibitoire – d’avoir connu un premier échec en 1995. A la barre, se trouvait déjà le maire de Bordeaux, Alain Juppé : « J’avais eu cette idée de bâtir un lieu où l’on pourrait parler du vin sous tous ses aspects et attirer les visiteurs pour qu’ils viennent découvrir le vignoble. Mais ça pas fonctionné. Le monde du vin était sceptique. Le projet n’était peut-être pas tout à fait adapté. »

Qu’importe. En 2008, il remet le sujet sur la table. Avec un atout de plus dans son équipe municipale : une femme pour qui la viticulture et ses arcanes n’ont aucun secret, Sylvie Cazes. Copropriétaire du château Lynch-Bages à Pauillac et des vignobles Jean-Michel Cazes, elle est aussi présidente de l’Union des Grands Crus de Bordeaux. A qui d’autre pouvait-il confier le soin de faire germer cette idée ? Tout juste élue conseillère municipale, elle entame les réflexions. « En 1995, les vignerons ne voyaient pas l’intérêt d’accueillir des touristes, ils n’étaient pas non plus équipés pour, explique-t-elle. Mais 13 ans plus tard, les mentalités avaient évolué, beaucoup d’entre eux avaient voyagé et s’étaient rendus compte, notamment en Napa Valley, que l’oenotourisme était un atout pour le vignoble. » Cette fois, la profession adhère. « Le contexte avait changé », confirme Alain Juppé. Surtout, la fréquentation touristique de Bordeaux était en train d’exploser, offrant de nouvelles perspectives. « En 2000, rappelle-t-il, nous avions 2 millions de touristes alors qu’on en comptait près de 6 millions en 2015. Le monde du vin a bien compris qu’il était temps d’ouvrir les routes des propriétés. » Avec le recul, il était préférable. « Si ça n’avait pas marché, je n’aurai pas persévéré », admet-il.

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« Il est apparu évident qu’on choisirait un bâtiment contemporain, souligne Sylvie Cazes. Il était très important pour le vignoble bordelais de donner une image moderne, voire futuriste. Il y a une telle tradition à Bordeaux qu’il fallait montrer que l’histoire était en marche. La Ville était sur la même longueur d’onde. Après la rénovation des façades 18ème il fallait une signature architecturale forte. » Pour implanter ce futur « phare », un terrain s’impose très vite. Il se trouve en bordure de la Garonne, à l’entrée du quartier de Bacalan dont la rénovation – que l’on connaît aujourd’hui – n’a pas encore débuté. « Ce quartier allait changer, se transformer, précise-t-elle. Il nous offrait aussi la possibilité d’avoir un ponton pour organiser des croisières fluviales vers le vignoble. Nous voulions cette ouverture ».
Autre choix déterminant : la Cité ne se limiterait pas aux seuls vins de Bordeaux. « Il nous a semblé essentiel d’avoir une dimension internationale », ajoute-t-elle. La Cité évoquera donc tous les vignobles du monde. Ni plus ni moins.

Retrouvez l’intégralité de cette Saga dans « Terre de Vins » hors-série Cité du Vin, en kiosques le 1er juin. Suivez ce lien pour vous abonner.