Le Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGV) présentait hier à Paris un nouveau dispositif proposé aux vignerons indépendants de champagne pour lutter notamment contre le vol et la contrefaçon.

À première vue, rien ne distingue la coiffe Cloé habillant le Haut d’une bouteille de champagne d’une autre coiffe. Pourtant, à y regarder de plus près, elle présente de légères différences avec une coiffe classique. Le SGV a en effet collaboré avec la société ATT pour mettre au point un outil de traçabilité et d’authentification digne de ceux déjà utilisés par les grandes maisons. Mais contrairement à elles, les vignerons indépendants n’ont évidemment pas les moyens de développer de tels dispositifs. D’où la mutualisation de moyens assurée par le syndicat. Cloé est un ensemble d’éléments intégrés directement à la coiffe. Parmi eux, un hologramme et un code anti-contrefaçon appelé « seal vector » disposant d’une technologie ultra sécurisée qui se dégrade en cas de tentative de copie. Cela permet de garantir l’authenticité des bouteilles dans un secteur où la fraude n’est pas négligeable (bouteilles vides remplies avec un autre vin, imitations, bouteilles volées, etc). En cas de vol, les numéros de lots ou de bouteilles sont blacklistés ce qui permet de les identifier ensuite plus facilement.

À cela s’ajoute un QR code unique que les consommateurs pourront flasher afin de s’assurer de l’origine de la bouteille. Les vignerons peuvent, s’ils le souhaitent et en s’équipant de machines idoines, associer ces codes unitaires à une bouteille, un carton voire une palette. Cela rendra ensuite possible la collecte d’informations en provenance des bouteilles flashées par les clients dans le monde entier à condition que les vignerons se soient équipés d’un logiciel permettant l’accès à la base de données générale (moyennant quelques milliers d’euros). Le QR code conservera aussi sa fonction première de redirection vers de l’information (site internet, page Facebook etc.)

La coiffe Cloé se décline en version encore plus sophistiquée, Cloé premium. Cette version intègre des dispositifs complémentaires. Le surcoût de La coiffe de base sera de 3 centimes d’euros pour les vignerons. Pour le moment, une trentaine de vignerons testent Cloé, son déploiement plus large étant prévu pour l’été 2018. Reste à savoir s’ils adopteront massivement ou pas ce nouvel outil aujourd’hui en début de phase de lancement auprès des adhérents du SGV.