(Photos F. Hermine)
(Photos F. Hermine)

Le nouveau Cristal 2008 de la maison Roederer est émouvant. C’est ce qu’a voulu exprimer à la soirée de lancement au palais de Tokyo le directeur de la maison depuis une décennie, Frédéric Rouzaud. Et pourtant le représentant de la 7ème génération en a connu quelques-uns, des millésimes de Cristal, puisqu’il a grandi près des caves de la maison dirigée à l’époque par son œnologue de père Jean-Claude…

Ce 2008 a ému Frédéric Rouzaud parce qu’il est décalé et qu’il s’est fait attendre, la maison ayant choisi de sortir le 2009 avant lui. Il n’y a d’ailleurs pas de Cristal tous les ans, pas de 2001 ni 2003, et on sait déjà qu’il n’y aura pas de 2011. « Avant, le 2008 n’était pas prêt et il devait traîner encore un peu en caves à la recherche du meilleur de lui-même pour devenir une merveille parmi les merveilles » estime le maître de la maison. On devait en attendre beaucoup de ce millésime réputé l’une des meilleures années en Champagne depuis le début du siècle, le préféré en tout cas du chef de caves Jean-Baptiste Lecaillon. Il estime qu’il a élaboré avec ce 2008 son plus beau millésime depuis trente ans ; il lui rappelle un peu les beaux 1996 et 1998.

La première cuvée de prestige

Le Cristal de Louis Roederer, la première cuvée de prestige de l’Histoire, avait été élaboré en 1876 pour plaire au tsar Alexandre II ; à l’époque Louis Roederer exportait surtout aux États-Unis et en Russie. Au Palais de Tokyo, il a ravi les papilles d’Amélie Nothomb, Élodie Frégé, Philippe Starck, Yann Queffelec…

La cuvée est élaborée à partir d’un assemblage de pinot noir et de chardonnay (en général un peu plus du premier), issus des dix meilleurs crus du vignoble familial. Une belle complexité due à la diversité des 45 parcelles qui la composent, principalement des vignes d’au moins un quart de siècle, de la montagne de Reims et d’Aÿ, en vendanges manuelles. Ces dix ans de vieillissement lui offrent une remarquable maturité. Vineux et d’une étonnante fraîcheur sur des notes légèrement briochées, une touche de poivre blanc sur un fruité précis et une finale tendue et saline. Le vignoble (aujourd’hui plus d’une centaine d’hectares sur les 240 de la maison) est travaillé selon des principes de biodynamie sous l’impulsion du chef de caves (seulement une petite partie certifiée). 190€.

Ci-dessous : Philippe Starck, Frédéric Rouzaud et Jean-Baptiste Lecaillon.