« Découvertes en Vallée du Rhône » (ou DVR pour les initiés) se tenait du 11 au 14 mars. Il a fallu une bonne semaine à notre « envoyé spécial » Marc Vanhellemont pour mettre de l’ordre dans ses coups de cœur. Les voici !

DVR, ça fait austère. C’est comme ça que les Rhodaniens appellent Découvertes en Vallée du Rhône.
Je préfère dire « Découvertes », c’est moins vite écrit, mais tout aussi vite dit. Ça sonne mieux, ça fait rêver !

L’édition 2013, la septième du genre, se passait pour la partie sudiste dans un lieu unique et magique, le Palais des Papes. Celui-ci a dû retrouver l’espace de deux jours le bruissement de sa foule d’antan. Plusieurs salles s’ouvraient sur toutes les appellations de la Vallée du Rhône méridionale, pas moins de 500 producteurs y tenaient stand, de quoi donner le vertige et frustrer totalement le stakhanoviste qui voudrait tout déguster. Plus sage, on essaie de se faire un programme qui après une heure s’avère déjà obsolète…

Chaque salle livre son quota de découvertes, de confirmations, de belles évolutions.

À la Grande Audience

Frédéric Alary (Domaine de l’Oratoire St Martin, photo ci-dessus) n’est plus à présenter, Les Douyes 2011 (qui remplace la cuvée Prestige) apparaît minérale, le tanin serré, le jus qui sourd coloré de baies noires.

Un blanc particulier
Sauvageonne 2011 et 2012 encore en gestation, Domaine de la Cabotte, assemble 95% de Clairette et 5% de Grenache blanc, quel superbe croquant, une fraîcheur inoubliable et une structure aérienne.

Bizard ne l’est plus…
Les vins du château Bizard ne retenaient jusqu’ici guère notre attention, tout change ! Grangette 2011 offre la gourmandise de ses 90% grenache et Serre de Courent 2011 à majorité de syrah qui a tout d’un haut de gamme à la fois sévère et généreux.

Au Consistoire

Un style bourguignon
Pour Sylvain Morey (photo ci-dessus), qui ne renie pas ses origines et propose blancs et rouges à l’élégance racée. Odalisque 2011 mélange ses grenache blancs plantés plein nord mâtinés de viognier, une fraîcheur parfumée d’anis et de violette embaume l’atmosphère du palais (le nôtre).

Dynamique…
Une vraie pile et ses vins à l’image. Adrien Roustan à Vacqueyras fait déguster ses deux vins, un Vacqueyras et un Gigondas, frais, fruités, tendus, un rien plus gourmand pour le premier, un rien plus austère pour le second, tous deux droits et longs. Un bel avenir pour le domaine de l’Ouréa.

Au Grand Tinel

Quelques Gigondas y ont pignon sur allée…
Le Clos 2011 de Saint-Cosme 100% grenache au caractère racé.
Gigondas 2011 domaine La Bouissière, où l’épice relève le fruit. Et tout neuf, un Beaumes de Venise 2012 encore sauvage.
Les Bosquets 2011 famille Brechet (photo ci-dessus) dont l’élégance aérienne permet de la boire déjà ou plus stricte, le Lieu-dit 2011.
Santa Duc, des Côtes du Rhône au Gigondas volubiles comme leur géniteur Yves Gras.

La Grande Chapelle

Domaine de Lôyane vous connaissez ?
Moi non, une première dégustation révélatrice d’un domaine qui gagne à être connu. Cuvée Marie 2010 100% grenache de 130 ans, riche et concentré, à la fois puissant et raffiné.

1 rouge, 1 blanc
Suffisent au bonheur d’Adrien Borrelly, du moins pour l’instant. À 24 ans, il reste du temps… Deux Laudun, domaine le Rouvre Saint Léger (voir photo d’ouverture), le minéral du blanc surprend tant il tend le vin, le rouge oscille entre garrigue, cacao et réglisse, les fruits rouges et noirs en fond de corbeille.

Deux cépages particuliers pour terminer
Le Cinsault 2011 d’Elkjaer Amiel (photo ci-dessus), ex-sommelier danois qui quitta son 2 étoiles de Copenhague pour se faire vigneron dans le Rhône. Il reste aujourd’hui passionné et toujours en recherche.
La cuvée C la Bohème 2011 du domaine de Provensol, un 100% carignan soyeux et tendre pour ce premier millésime depuis la sortie de cave coop, Dominique Thouroude y met tout son cœur…

Fin de journée, on en sort fatigué, mais heureux d’avoir parcouru ce superbe lieu à la recherche du Graal, le nectar absolu. Il n’existe pas, mais le chemin qui y mène est jalonné de vins superbes qui nous encouragent à poursuivre la quête.

Marc Vanhellemont