L’association bordelaise faisait (re)déguster aux prescripteurs venus en nombre, en ce lundi 11 septembre à Bordeaux, son millésime 2015.

« On veut susciter un réintérêt sur les livrables. » Ce souhait du président du Grand Cercle des Vins de Bordeaux, Alain Raynaud, semble bien avoir été exaucé hier soir. Quelque 200 professionnels du vin, qu’ils soient courtiers, négociants, cavistes, journalistes, ont répondu présents pour redécouvrir le millésime 2015 de 165 propriétés de l’association, réunies au Café Maritime, à Bordeaux. Avec un enthousiasme palpable.

Dans le vignoble bordelais, chaque année au printemps, les Primeurs, présentation aux professionnels du millésime nouveau-né, déchaînent les passions et font couler beaucoup d’encre. « Mais cela ne concerne des intentions d’achat que pour les plus grands crus, ou du moins ceux qui ont une distribution telle qu’elle suscite une certaine spéculation, de sorte qu’il y a un intérêt à les acheter en primeurs, rappelle Alain Raynaud. Pour les autres, il s’agit de les vendre à un autre moment, notamment juste après la mise en bouteilles, quand ils sont livrables et qu’on peut alors les trouver chez les cavistes ou dans les grandes surfaces. » Preuve que la découverte de la version fraîchement embouteillée de 2015 suscite l’intérêt, « on retrouve les profils croisés aux Primeurs, il y a beaucoup de monde ! » constate, enchantée, Pauline Madillac, du château La Rose Perrière (Lussac Saint-Emilion).

2015 dans la lumière

Et ce 2015, alors? « Un millésime sur lequel on n’a aucun doute » affirme, serein, Thomas Hervé du château Moulin Haut Laroque (Fronsac). « Un très joli millésime assez homogène qui va satisfaire à peu près tous les palais, y compris les plus exigeants, selon Alain Raynaud. Il est accessible, les tanins sont très mûrs, c’est un millésime souple et rond, puissant mais sans agressivité finale. » La qualité est donc là, mais, question fatidique : en termes de prix, comment se positionne ce 2015 ? « Après avoir élaboré 2010, on a eu 2011, 2012, 2013, avec des prix qui se sont effondrés. Il y a ensuite eu un petit ressaisissement sur 2014, et en 2015 on assiste au maintien d’un prix raisonnable », explique le président du Grand Cercle. Et d’ajouter : « c’est d’ailleurs ce qui différencie les vins du Grand Cercle de ceux d’autres associations qui s’adressent à un public très limité. Nous proposons des vins de consommation courante, qu’une grande partie des amateurs peuvent s’offrir car les prix demeurent raisonnables. »

En fin de soirée, la « Wine Dream Team », jury de dégustateurs professionnels internationaux recruté et présidé par Bernard Burtschy, a révélé ses coups de cœur après avoir dégusté les vins du Cercle durant tout le week-end. Parmi eux, un bel enthousiasme autour du millésime 2015 à Sauternes, appellation distinguée plusieurs fois.