Eric Beaumard dans les salons du George V, palace parisien qu'il a rejoint en 1999.
Eric Beaumard dans les salons du George V, palace parisien qu'il a rejoint en 1999.

Chef sommelier du George V et directeur du restaurant Le Cinq, ce Breton qui ne manque ni de tempérament ni d’humour, a été nommé Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur.

Un peu plus de trois ans après un autre sommelier célèbre, Serge Dubs, Meilleur sommelier du monde 1989, Eric Beaumard a donc été élevé au grade de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur. Une cérémonie marquée par l’émotion et l’amitié qui avait pour cadre le vaste patio du George V, le palace où officie le récipiendaire depuis 19 ans.

Breton d’origine, Eric Beaumard a été décoré par un autre Breton célèbre, François Pinault. L’homme d’affaires en a profité pour faire l’éloge d’un professionnel qui, sans un accident de moto et la perte de l’usage de son bras droit, ne serait sans doute jamais devenu sommelier. Car sa vraie passion, c’était la cuisine !

Mais les hasards de la vie conduisent parfois à de brusques changements de direction. Et de ce handicap, Eric Beaumard a voulu faire un atout, forçant le respect sans jamais rechercher la pitié. Et lorsqu’à la veille de l’été 1987, dans le cadre du salon Vinexpo écrasé par une chaleur étouffante, il remporte le Trophée Ruinart et devient Meilleur jeune sommelier de France c’est bien à son seul talent et à son aptitude à s’adapter qu’il le doit. Ce premier succès fut sans doute un déclic pour celui qui travaillait alors à La Poularde, à Montrond-les-Bains. C’est là qu’il a rencontré Thierry Hamon, devenu un complice fidèle et c’est à cet établissement qu’il offrira d’autres coups de projecteurs en devenant Meilleur sommelier de France en 1992 puis d’Europe en 1994. Quatre ans plus tard, il repartira de Vienne avec la médaille d’argent à l’issue du concours mondial.

Ci-dessous : Juin 1987, à Bordeaux, Eric Beaumard est sur la plus haute marche du podium félicité par quelques amis sommeliers, Michel Santé, Philippe Parès et Arnaud Chambost.

Cette expérience il l’a partagée ensuite avec Enrico Bernardo, son élève au George V. L’Italien en a fait bon usage en s’imposant lors du mondial 2004 organisé en Grèce. Et Eric Beaumard était là pour partager sa joie.

Cette décoration désormais accrochée à sa veste, juste à côté de la grappe de l’Union de la sommellerie française, valide aussi sa compétence, sa courtoisie et sa contribution à l’image de la France auprès de la clientèle de l’un des plus célèbres palaces de Paris. Un lieu dont la qualité et la variété de la carte des vins a été récompensée il y a quelques semaines, par le concours le Tour des cartes organisé par Terre de vins. Une cave riche de plus de 50.000 bouteilles en mouvement perpétuel. « Parce que nous en vendons plus de 65.000 par an, dont plus des deux tiers sont issues des vignobles français, mais aussi parce que nous sommes sans cesse à la recherche de nouveaux accords possibles avec la cuisine du chef Christian Le Squer. »

Voilà pourquoi, de manière presque immuable, deux jours par mois Eric Beaumard part dans les vignes avec une partie de sa jeune brigade de sommeliers. « Et ce n’est pas négociable ! »

Ci-dessous : à Athènes, Enrico Bernardo (au premier rang au centre) devient Meilleur sommelier du monde devant son plus fidèle supporter, Eric Beaumard (à droite).