(Photo BIVB)
(Photo BIVB)

Pour le quatrième et avant-dernier jour des Grands Jours de Bourgogne, qui se déroule en Côte Chalonnaise, les officiels ont fait le déplacement pour afficher leur esprit de groupe. Avec de nombreux projets en gestation, la Bourgogne défend son identité plus que jamais.

C’est quand même fou que même dans ces cinq jours consacrés à la belle diversité des vins bourguignons, le concurrent – et ami – bordelais réussisse à s’inviter dans les esprits. C’est pourtant la concession faite par Louis-Fabrice Latour, vice-président du BIVB (Bureaux Interprofessionnel des Vins de Bourgogne) lorsqu’il a défendu aujourd’hui la nécessité pour la filière bourguignonne de préserver « une solidarité de place, pour emprun ter une expression chère aux Bordelais ». Fin de la parenthèse, nous ne sommes pas là pour parler de la Gironde mais bien de l’Yonne, de la Côte-d’Or et de la Saône-et-Loire. Ce sont ces départements, et plus largement la grande région Bourgogne-Franche-Comté (la présence des vins du Jura en « off » hier soir en atteste) qui sont à l’honneur pendant cette belle semaine des Grands Jours de Bourgogne. Une quatorzième édition – la première date de 1992 – dont le succès est une nouvelle fois confirmé, avec 2500 visiteurs inscrits (contre 2300 il y a deux ans, dont près de 60% d’étrangers) et un peu plus d’un millier d’exposants.

« Les Grands Jours se portent très bien », s’enthousiasme Louis-Fabrice Latour. « C’est un rendez-vous très bien situé dans l’espace et dans le temps, puisque nous sommes juste avant ProWein. Il se déroule dans un contexte apaisé, tout le monde est satisfait par la belle récolte 2017, on sent de l’enthousiasme, de l’envie, et surtout que tout le monde va dans le même sens. C’est très important, surtout alors que nous avançons sur notre projet des Cités des vins de Bourgogne, dont l’inauguration est toujours fixée à janvier 2021. C’est un beau projet régional, ambitieux ; la Bourgogne sera au rendez-vous, nous sommes sereins ».

Plein feu sur les Cités des vins de Bourgogne

« Nous avons lancé le concours des architectes pour les cités de Chablis et Mâcon, Beaune menant le projet de façon autonome », poursuit le directeur du BIVB Christian Vanier, confirmant que ce triple projet de Cités des Vins est aujourd’hui le point de convergence de toute la filière. Mais aussi des institutions politiques, comme l’illustre la présence de Patrick Ayache pour la région Bourgogne-Franche-Comté et de Denis Thomas, Vice-Président du Conseil Général de la Côte-d’Or. « Le vin est une grande cause régionale », souligne Patrick Ayache, « nous le montrons par le soutien que nous apportons à cette belle manifestation, mais aussi au projet de Cités des vins, au tourisme, à la lutte contre les aléas météorologiques. Nous accompagnons le dynamisme de la filière, car n’oublions pas que nous sommes en situation de concurrence. Nous devons être les premiers. »

Dans ce contexte, les Grands Jours de Bourgogne consolident leur statut de rendez-vous professionnel immanquable, tout en préservant sa particularité. « Nous avons voulu, contrairement à d’autres salons professionnels, rester un salon international à ciel ouvert », avance Raphaël Dubois, président de l’association des Grands Jours de Bourgogne. « C’est un événement ‘à la bourguignonne’, qui valorise nos cinq sous-régions de production, au rythme d’une par jour. Nous constatons que notre visitorat apprécie cette formule, qui le place au cœur du vignoble et lui donne des temps de respiration. Nous avons aussi su répondre aux attentes de nos visiteurs en ouvrant, par exemple cette année, un espace spécialement dédié aux bio, qui réunit 66 exposants. Et nous travaillons déjà sur d’autres nouveautés pour 2020. »

50 nationalités présentes

Camille Barnier, qui gère l’organisation des Grands Jours depuis 2008, confirme qu’avec 26 ans d’ancienneté, cette manifestation s’est installée solidement chez les professionnels comme chez les viticulteurs. « Avec près de 1100 exposants, on voit bien que la filière répond présent, sans compter tous les rendez-vous complémentaires qui se déroulent dans les domaines. Les Grands Jours sont devenus un grand rendez-vous d’affaires, avec un intérêt à la fois commercial et pédagogique. Les gens viennent apprendre la Bourgogne et la diversité de ses terroirs. Avec plus de 50 nationalités présentes, nos marchés historiques bien sûr comme les États-Unis mais aussi de plus en plus d’Asiatiques, c’est un vrai temps fort pour la Bourgogne, qui résiste très bien à la concurrence des autres salons, y compris dans l’offre des ‘off’. Nous jouons la complémentarité et cela fonctionne très bien ».

C’est demain soir, après la journée en Côte de Nuits, qu’il sera temps de tirer le vrai bilan. Mais en l’état, et malgré la pluie qui tombe aujourd’hui sur Mercurey, ces Grands Jours de Bourgogne sont indéniablement un succès.

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