La remise des prix de la 4ème édition du concours Vignerons et Terroirs d’Avenir a eu lieu au Club Français du Vin, rue Vivienne à Paris. Elle a récompensé les projets de jeunes vignerons de Seyssuel, du Roussillon et de Cahors.

« L’idée de ce concours est de préserver la spécificité française à 70% AOC en aidant les jeunes à s’installer, en jouant un rôle en termes de formation, d’entraînement, en suscitant des vocations », rappelle Antoine Leccia, président du directoire d’AdVini à l’initiative du concours Vignerons et Terroirs d’Avenir en collaboration avec Montpellier Sup Agro. Il s’agit, avec ce prix, de mettre en lumière trois projets. A la clé, trois chèques pour un montant total de 70 000€ mais également la mise à disposition de différents tiroirs d’aide à la technique, la promotion, la commercialisation… par les différents partenaires.

Premier prix : Julie et Graeme Bott ont acquis 6,33 ha dans les vignobles de Condrieu, Cote Rôtie, Saint Joseph et Seyssuel. Elle a grandi ici mais sans vignes en héritage avant de prendre un poste de commerciale dans un domaine viticole; lui travaille pendant 8 ans dans les vignes de Nouvelle Zélande. Quand ils se rencontrent, ils ont rapidement envie de monter leur domaine. « D’abord, nous avons acheté des raisins car nous ne pouvions que récupérer un patchwork de parcelles en friche; en production, elles sont inaccessibles. On a planté dans les cailloux, palissé sur échalas, et à partir du millésime 2018, nous avons commencé à vendanger nos vignes en grappes entières, à vinifier en levures indigènes avec des élevages en bois mais pas neuf pour faire revivre un terroir qui date seulement d’une vingtaine d’années ». Pour l’instant, les Brott vinifient dans leurs garages, aidés pour le matériel par quelques vignerons locaux (Gangloff, Vernay) avant de s’installer dans une nouvelle cave à Ampuis. Julie, passionnée d’équitation, s’apprête à faire un stage de labour des sols avec un cheval. L’objectif est de sortir des herbicides et d’atteindre 8 à 9 ha pour arriver et à être autonome. « C’était un vrai projet de vie en partant de zéro et de notre passion, ce qui prouve qu’il faut croire en ses rêves » conclut Julie les larmes aux yeux.

Deuxième prix : Solenn et Dominique Génot ont racheté le Mas Llossanes, 11 ha en Cotes-du-Roussillon d’un seul tenant à l’ouest de Perpignan après avoir travaillé une dizaine d’années dans un domaine viticole de Toscane. Ils convertissent d’emblée en bio leur vignoble, l’un des plus hauts de France à 600-700 m d’altitude, puis s’orientent vers la biodynamie avec une partie des vieilles vignes de 40-80 ans travaillées au cheval. « Nous avons désormais besoin de créer notre propre cave de vinification et de stockage, en gravitaire avec un bâtiment à toiture photovoltaïque et utilisation de l’eau de pluie. « Travailler avec AdVini nous évite déjà les écueils administratifs et financiers, apporte une aide juridique précieuse et nous permet de rencontrer des professionnels qui croient en notre projet, ce qui fait gagner en confiance ».

Troisième Prix : Benoit Aymard du Clos d’Audhuy, issu de plusieurs générations de vignerons, a multiplié les expériences en Bourgogne, à Cahors, à l’étranger avant de reprendre des vignes familiales, une dizaine d’hectares sur la troisième terrasse de la vallée du Lot. « Nous travaillons les sols et en bio, car c’était une évidence ». Benoit, grand défenseur du malbec, cherche avant tout à « obtenir le côté aérien et floral des bourgognes dans ses vins avec des extractions maîtrisées et un élevage juste pour peaufiner les tanins et sublimer le fruit ». Le projet d’une vie également « mais si pour se lancer, il suffit de l’envie et de la passion, être accompagné réconforte » conclut le vigneron cadurcien.