Photo CIVB / Yann Lacombe
Photo CIVB / Yann Lacombe

La conjoncture est toujours « difficile » pour les vins de Bordeaux en raison notamment des conséquences du gel de 2017 dans le vignoble, a indiqué lundi le président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), Allan Sichel.

« Nous sommes, depuis le mois de janvier, dans un creux de vague », a déclaré M. Sichel lors de l’Assemblée générale du CIVB. « C’est véritablement en ce premier trimestre 2019 que les conséquences du gel (de printemps) de 2017 se sont fait pleinement ressentir ».

Cet aléa climatique a provoqué une baisse significative du volume pour la récolte 2017 (-39% par rapport à 2016), ce qui a « mécaniquement entraîné une hausse des prix ». Selon le président du CIVB, « l’effet psychologique de cette faible récolte a été plus prononcé qu’attendu ».

« Nous n’envisageons pas la reprise avant le deuxième semestre 2019 », a-t-il ajouté. Selon des chiffres du CIVB publiés en mars, 144 millions de bouteilles de vins de Bordeaux ont été vendues dans le monde en 2018, soit un recul de 12% par rapport à 2017.

M. Sichel a également fait état d’une baisse des volumes d’exportations de vins de Bordeaux (-13% sur un an), avec un marché chinois en berne. En valeur, les exportations ont toutefois crû de 4%. « Preuve que la qualité des vins de Bordeaux est toujours reconnue dans le monde entier, et que leur rayonnement est intact », a-t-il déclaré.

Enfin, Bordeaux doit faire face à un « niveau record » de la production mondiale de vin, notamment en provenance de l’Union européenne (+28%). « Difficile de résister quand les volumes augmentent ainsi et que la demande, elle, reste stable », a résumé le président du CIVB.

Ce dernier a par ailleurs appelé les professionnels bordelais à envisager des évolutions structurelles de la filière et à se « réinventer », évoquant des changements dans les comportements du consommateur auxquels les vins de Bordeaux devront s’adapter.

« Même si nous restons le premier vignoble AOC (Appellation d’origine contrôlée) de France, les courbes de nos ventes en rouge ne cessent de s’étioler depuis plusieurs années », a dit M. Sichel. « Nous devons comprendre pourquoi et en tirer des conséquences (…) sur les vins que nous produisons ».

Mi-avril, le gel a ponctuellement touché le vignoble bordelais mais il n’aura « pas d’impact sur la récolte » 2019 selon l’interprofession, contrairement au gel tardif de 2017.