Le ressenti de l’œnologue Antoine Médeville, du laboratoire bordelais Oenoconseil.

« Tous les dangers, je ne sais pas si on peut vraiment dire ça… 2017 a été catastrophique par rapport aux rendements, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas fait aussi peu dans toute la région de Bordeaux. En revanche, sur les vignes non-gelées, la fleur et la véraison ont été faites très rapidement, c’est un gage de qualité. Les vinifications se sont très bien passées, avec des degrés pas trop forts, et les malolactiques aussi. Le problème de ce millésime, c’était le gel, qui a touché plus ou moins tout le vignoble. Au sein d’une même parcelle, on pouvait avoir un côté de pied gelé, l’autre pas. L’une des alternatives face à ces disparités était d’identifier les pieds gelés ou non en vue des vendanges. Ensuite, l’autre alternative, qui a été beaucoup plus mise en pratique, était d’opérer avec des tables de tri par densimétrie ou par tri optique au moment de la récolte, pour séparer les baies selon leur maturité, et les vinifier différemment. » A la clé, malgré le gel, « de belles choses. Ca n’est pas un 2016, car c’est loin d’être aussi homogène, mais c’est bon, il y a de la puissance et beaucoup de matière. »