Généralement fortement typé cabernet sauvignon, le premier vin du 4e Grand Cru Classé de Saint-Julien intègre sur le millésime 2018 une plus forte proportion de merlot qu’à l’accoutumée. Les raisons de cet équilibre expliquées par François-Xavier Maroteaux.

« Cette année, si le cabernet sauvignon reste dominant, on en a intégré un peu moins que d’habitude dans le grand vin, 58% contre 64-65% en général, aux côtés de 33% de merlot, et de nos proportions habituelles de petit verdot (5%) et cabernet franc (4%). Cet assemblage un peu différent est caractéristique du millésime, il ne faut pas y voir une tendance générale chez nous pour l’avenir », précise immédiatement François-Xavier Maroteaux. « Plusieurs raisons expliquent cette plus forte proportion de merlot. La première, c’est qu’en 2018, en Médoc, les merlots étaient vraiment superbes, avec une très belle pureté et qualité, et une magnifique aromatique, ce qui n’est pas toujours le cas chez nous. La deuxième, c’est qu’en 2017, un peu plus de 20 % du vignoble a été gelé, dont du merlot. Il y a eu un effet compensateur sur 2018, avec d’excellents rendements, notamment sur de très vieux merlots de 45 à 55 ans d’âge, de l’ordre de 45 hL/ha, là où généralement ils donnent du 25-30 hL/ha. Ensuite, en 2018, les conditions étaient vraiment exceptionnelles au moment de la vendange. On a une parcelle de merlots assez tardive, généralement toujours un peu dure ou pas suffisamment fine pour être intégrée au premier vin. Cette année, on a pris le parti de la laisser mûrir pour la récolter à la moitié des cabernets, et on l’a intégrée dans notre premier vin car elle était magnifique. » Au final, « nos vins, qui ne sont pas forcément les plus sexy en général en primeurs, sont cette année un peu plus sympathiques à ce stade d’évolution, dotés de l’une des plus grosses structures mais aussi d’une fraîcheur qui les rend accessibles et digestes. »