Le terroir du cru classé de Pessac-Léognan, avec ses 30 ha de vignes sur l’une des plus hautes croupes de graves, a été un précieux allié face aux conditions climatiques de 2016. Rétrospective avec Véronique Sanders.

« Pour tout le monde à Bordeaux, ça a été compliqué au printemps 2016, avec beaucoup de pluie dans la première moitié du millésime, se souvient Véronique Sanders, à la tête du château Haut-Bailly (Pessac-Léognan). Puis on a vécu la fenêtre miraculeuse pour la floraison, avec un temps parfait pour avoir une belle fleur. Dans la seconde moitié du millésime, de juillet à septembre, on a eu la chance d’avoir un vignoble planté sur une croupe, avec une mosaïque de sols et sous-sols, et de posséder des vignes anciennes, dont les sols ont toujours été labourés, ce qui favorise un enracinement profond. Notre vigne n’a pas souffert de sécheresse. Le vignoble de Haut-Bailly a remarquablement réagi aux conditions climatiques. Il était magnifique, aussi beau qu’en 2015. Mi-septembre, on a eu à nouveau un coup de chance extraordinaire, avec 19,5 mm de pluie, on ne pouvait pas rêver mieux pour fignoler la maturité telle qu’on la voulait. » Grâce à cet enchaînement favorable, « on tient un doublé magnifique 2015-2016. 2016 a encore plus de matière, de profondeur, d’énergie que 2015, avec une structure très proche des 2010, doublée de l’onctuosité et l’élégance des tanins de 2009 ou 2015. »