Il y a quelques jours à Bordeaux, 45 propriétés de l’appellation médocaine faisaient découvrir leur dernier millésime embouteillé aux professionnels.

Telle la présentation d’un nouveau-né à sa famille, le 2015 de l’appellation Saint-Estèphe, fraîchement embouteillé, a été présenté début décembre à 230 professionnels bordelais (majoritairement courtiers et négociants, mais aussi cavistes, restaurateurs et journalistes) au Café Maritime, à Bordeaux. Les amateurs auront l’occasion de le découvrir à leur tour lors de la grande dégustation de vins de Saint-Estèphe, organisée par « Terre de Vins » en partenariat avec les vins de Saint-Estèphe, le 1er mars prochain (17h30-21h), au Palais de la Bourse de Bordeaux. Pour mieux découvrir ce 2015, rencontre avec Christophe Anney, propriétaire du château Tour des Termes, vice-président et responsable de la communication du syndicat.

Pouvez-vous me parler de ce millésime 2015 ?
Sur les conditions climatiques, la floraison a été régulière grâce beau temps. Elle a été précoce, rapide, homogène. L’été a été très chaud et très sec, mais la pluie qui s’est abattue le 12 septembre nous a fait craindre le pire. On a été contraints d’avancer un peu la date des vendanges. Mais finalement on n’a pas été gênés par le botrytis, tout s’est bien passé. On a vendangé du 19 septembre au 9 octobre sans pluie.

Ce 2015 vient après un beau millésime 2014 et avant un très beau millésime 2016. Comment se positionne-t-il par rapport à ces deux millésimes ?
Le 2014 était un millésime tannique et charpenté, marqué par une pleine structure et une pleine puissance. Les 2015 sont plus souples et solaires que les 2014, avec des tanins plus classes, plus fins et élégants, et moins de structure. Tout dépend des goûts. Actuellement, le 2015 se goûte mieux de par sa délicatesse et sa finesse. 2016, quant à lui, est le millésime exceptionnel qui sera devant les deux autres. Il a tout : puissance, structure, une couleur énorme…



Avec ces traits de caractère un peu atypiques pour Saint-Estèphe, ce 2015 offrira-t-il malgré tout une bonne garde ?

C’est un peu comme les 2009 et 2010. Ce millésime aura une bonne garde quand même. Cet été chaud et sec a donné des tanins très fondus et mûrs, moins puissants et présents que sur les deux autres millésimes, mais qui sont malgré tout bien là. Ces vins 2015 pourront tenir dans le temps, facilement quinze à dix-huit ans, là où on pourra garder les 2014 aisément une vingtaine d’années.

Ce 2015 était-il très attendu par les professionnels présents ?
Pas forcément. C’est un millésime intéressant à travailler car très porteur commercialement, Saint-Estèphe se caractérisant par la régularité de ses derniers millésimes. Pour autant, il n’est pas nécessairement au-dessus de 2014, et surtout pas au-dessus de 2016. Je pense que cette dégustation a notamment pu rassurer les négociants, qui avaient un peu peur que cette pluie, quelques jours avant les vendanges, n’ait dilué les vins. Finalement, ce n’est pas le cas. On a réussi à tirer notre épingle du jeu, en ayant des caractéristiques un peu différentes de d’habitude.

Comment se positionne ce millésime 2015 en termes de prix ?
En primeur, les 2015 ont été vendus plus chers que les 2014. La notoriété fait le millésime. 2014 n’a pas bénéficié de cette notoriété. 2015 reste plus cher que 2014.

Rendez-vous le 1er mars prochain au Palais de la Bourse de Bordeaux pour une grande dégustation des vins de Saint-Estèphe organisée par « Terre de Vins ».