Le cru bourgeois est un fidèle participant à l’événement qui se tiendra pour sa 4ème édition le jeudi 16 février, de 17h30 à 21h au Palais de la Bourse de Bordeaux. Rencontre avec son propriétaire, Christophe Anney.

« D’Anney en Anney », ainsi se transmet le château Tour des Termes. Cette propriété de Saint-Estèphe, dans la famille de l’actuel propriétaire Christophe Anney depuis 1938, produit des vins rouges dont la réputation n’est plus à faire. Parmi les 25 ha répartis entre graves de Pez et sols argilo-calcaires de Saint-Corbian, dévolus à la confection des cinq cuvées du domaine, seuls 15 ha représentant les meilleurs terroirs entrent dans la composition du grand vin « Tour des Termes », dont les millésimes 2012 et 2014 seront en dégustation ce 16 février lors de Saint-Estèphe Tasting.

Dans le paysage médocain, Tour des Termes a depuis toujours fait valoir son atypicité, avec un encépagement dominé pour plus de moitié par le merlot, complété de cabernet-sauvignon, et plus marginalement de petit-verdot et cabernet-franc. Une originalité historique contribuant à l’identité du domaine, que le propriétaire a à cœur de conserver pour perpétuer la patte familiale.

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« L’appellation est plutôt réputée pour sa puissance et sa structure. Nous, on joue surtout sur la finesse et l’élégance des vins, liées au terroir, à l’encépagement et à notre quête de maturité optimale pour éviter la rusticité originelle de Saint-Estèphe » expose-t-il. Mais tout en travaillant « dans la continuité familiale », Christophe Anney n’en oublie pas pour autant d’évoluer « afin d’améliorer les choses. » Une philosophie entre passé, présent et futur illustrée notamment par la démarche environnementale placée au centre de ses préoccupations de longue date. Gérée en agriculture raisonnée, la propriété est certifiée « Terra Vitis » depuis 2015. Pour accentuer encore cette approche en finesse et subtilité chère à Christophe Anney, le cru bourgeois s’est aussi alloué à partir du millésime 2016 les services du consultant Hubert de Boüard. « Pas pour révolutionner les vins, rassure le propriétaire. Mais juste pour recherche du détail, et gagner encore plus en netteté de style ». Une mission bien engagée avec 2016, « millésime charnière. On n’a pas eu beaucoup de millésimes de cette qualité » affirme le propriétaire.

2012 et 2014 à Saint-Estèphe Tasting

« Ces millésimes sont deux fiertés de ma part. Ils sont très représentatifs de la propriété et de l’appellation, bien que très différents l’un de l’autre » expose Christophe Anney. Le propriétaire ambitionne de redonner ses lettres de noblesse à un millésime 2014 d’après lui « sous-estimé » au moment de sa sortie. « Il est du même niveau que 2009, 2010, 2015 ou 2016. Sur la structure et puissance, c’est un Saint-Estèphe comme on aime faire, un vrai grand millésime de garde » détaille-t-il. Sur un autre registre, 2012 offre des « tanins de dentelle, de très grande qualité mais un peu moins virils et exubérants que 2014, avec beaucoup de finesse. Il est très surprenant aujourd’hui, gourmand, croquant. » S’il peut être consommé « dès à présent sur la table pour ceux qui aiment les vins charpentés, avec des plats assez puissants », le propriétaire recommande « d’attendre un peu » pour encore mieux l’apprécier.

Cette buvabilité est l’un des axes majeurs sur lesquels a travaillé l’appellation ces dernières années, pour mettre de la souplesse dans des vins réputés pour leur garde, autrefois bien souvent inabordables dans leur prime jeunesse. « Grâce aux travaux à la vigne et au chai, nos vins ont gagné en maturité sur les tanins, on n’a plus les excès rustiques d’autrefois. Désormais, même avec un potentiel de garde de 15 à 20 ans, on a une fenêtre de dégustation dès 3-4 ans pour les millésimes assez souples et ronds » constate Christophe Anney.

Pour découvrir les vins de château Tour des Termes et tant d’autres de Saint-Estèphe, rendez-vous jeudi 16 février à Saint-Estèphe Tasting.