A l’occasion du dernier jour du Salon des Vins de Loire, au Parc des Expositions d’Angers, petit passage par le stand de Terra Vitis, ce label « garantissant une agriculture environnementale et durable », réunissant 500 vignerons de différents vignobles de France. Y est-on plus bio que bio ?

Né en 1998 à l’initiative de quelques vignerons du Beaujolais, Terra Vitis n’avait au départ aucune vocation à devenir marque ou groupement. « Lorsque j’ai rejoint le label au début des années 2000, sa force a été de donner tout de suite un cahier des charges précis de ce qu’on pouvait utiliser comme traitements de synthèse ou non dans la vigne, de faire un bilan global carbone et d’établir une traçabilité complète pour nos clients. », explique Daniel Bideau, domaine Bid’gi, vigneron dans le Muscadet et membre actif de Terra Vitis.

Chrysope, le nouveau symbole de la signature Terra Vitis

Aujourd’hui, Terra Vitis fait peau neuve en retravaillant son logo et en souhaitant développer sa visibilité auprès des consommateurs et des professionnels. « La certification Terra Vitis, garantie par des organismes certificateurs indépendants, est la seule qui existe en agriculture durable ou raisonnée », explique Laurence Gauthier, chargée de la communication du label. Par le biais de l’observation et de la réinsertion de la biodiversité, le cahier des charges Terra Vitis se veut être dans une démarche plus globale que la certification en culture biologique (ne prenant encore que très peu en compte la vinification des raisins bio et la mise sur le marché) mais également plus souple, puisque permettant aux vignerons de pouvoir utiliser certains produits de synthèse, en fonction des conditions climatiques du millésime, ou sur certaines parcelles difficiles à travailler. Nouveau symbole de ce logo, la chrysope verte (chrysoperia carnea), appelée aussi « Demoiselle aux yeux d’or » et se nourrissant de larves de pucerons et d’araignées rouges, insectes prédateurs de la vigne.

Un moyen de se convertir à l’agriculture biologique ?

Pas vraiment, selon Daniel Bideau. « Je suis à la fois bio sur une partie du domaine et Terra Vitis dans une démarche plus globale qui prend en compte la santé du vigneron, du consommateur, une préservation de l’environnement dans les vignes mais également en bordures, sur les points d’eau, etc.. » ajoute le vigneron. Terra Vitis, une démarche qui serait plus globale, mais qui vient se positionner à une époque où les labels fleurissent auprès d’un consommateur, souvent désœuvré dans son choix de bouteille, face à tous ces logos aux philosophies proches mais également très différentes dans leurs applications.

Si la visibilité de ce label pourra être compliquée à s’installer en France, il semble que certains marchés y soient plus sensibles, comme en Europe du Nord. « Dans les pays scandinaves, et notamment au Japon, la dénomination Terra Vitis est un gage de qualité reconnu. Cela permet à des vins souvent moins chers que les bios de s’ouvrir à des marchés soucieux de la préservation environnementale », confie Laurence Gauthier.

L.G.