Le Concours Mondial du Sauvignon vient de créer un Trophée Spécial Denis Dubourdieu. En hommage à ce grand homme, il honore le vin qui représente la plus pure expression du cépage sauvignon. La 1ère récompense va à un vin autrichien de Skoff Original.

Le cépage sauvignon fait partie des dix principaux cépages plantés dans le monde. On le connaît bien à Bordeaux et dans la Loire, Touraine et région de Sancerre. Il fait la gloire de la Nouvelle Zélande, prospère dans le nord de l’Italie et s’implante au Chili. Mais c’est l’Autriche qui décroche le 1er Trophée Spécial Denis Dubourdieu, au terme de la 8è édition du Concours Mondial du Sauvignon.

L’Autriche à l’honneur avec le 2015 de Skoff Original

Le vainqueur est un sauvignon 2015 de Styrie, le vignoble le plus méridional d’Autriche dont le climat frais convient particulièrement au sauvignon, qui y est de plus en plus planté : sauvignon blanc Kranachberg 2015 de Skoff Original, un domaine familial réputé de la charmante commune de Gamlitz.
Créé par l’ODG (organisme de gestion) des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs en collaboration avec le Concours Mondial de Bruxelles, le Concours Mondial du Sauvignon s’était choisi Denis Dubourdieu comme parrain dès sa création en 2010. Cet agronome-œnologue, né à Barsac, au cœur du vignoble des grands blancs liquoreux de Sauternes et Barsac, a révolutionné les techniques de vinification et d’élevage des vins blancs à Bordeaux. Il disparut prématurément en 2016, après une carrière bien remplie d’enseignant à l’Université de Bordeaux, de chercheur, de producteur avec son fameux Clos Floridène, et d’œnologue-conseil, à Bordeaux, en Alsace et bien plus loin.

Le sauvignon sait aussi vieillir

Parmi les « â-côtés » didactiques de la compétition 2017, les 65 dégustateurs jurés ont eu l’occasion de constater que le cépage sauvignon, connu et apprécié pour son caractère aromatique, sa fraîcheur et donc sa facilité à être bu très jeune, savait aussi vieillir. Au château Le Grand Verdus, vaste domaine familial, pionner d’un certain renouveau de l’entre-deux-mers dans les années 80, une mini-verticale a montré une forte personnalité dans son 2010, parfaitement épanoui et nuancé. Le 2013 faisait bonne figure face au 2016, bien qu’issu d’un millésime plus difficile (mais surtout pour les rouges). Quand au 2008, il divisait. Sûr qu’il n’était pas fatigué. Certains dégustateurs étaient décontenancés par son originalité par rapport aux sauvignons jeunes. Mais la plupart appréciaient sa complexité, sa puissance, ses parfums empyreumatiques. Et sa capacité à accompagner des plats de caractère, de terre comme de mer.

Les résultats du Concours Mondial du Sauvignon, qui réunissait 850 vins en provenance de 20 pays différents, seront annoncés le mardi 21 mars au salon Prowein de Düsseldorf.