À l’occasion de la mise en bouteille du millésime 2009 (commercialisé début 2012), retour sur les quatre décennies d’histoire du Domaine de Trévallon : un grand vin de Provence, et une belle histoire de famille.

« Un vin très équilibré, puissant et fin, digeste, qui se déguste déjà très bien malgré sa charge tannique mais affiche un énorme potentiel de garde – dix ans minimum, et beaucoup plus si vous avez la patience ». Voici comment Eloi Dürrbach décrit le millésime 2009 du Domaine de Trévallon, qu’il s’apprête à mettre en bouteilles et à commercialiser en début d’année prochaine. Un millésime d’exception pour un vin unique en son genre : figure de proue des grands vins de Provence, Trévallon est une histoire de passion, d’intuition, de rencontres, et avant tout une belle histoire de famille.

C’est dans les années 1960 que les parents artistes d’Eloi Dürrbach font l’acquisition du domaine. Persuadé que l’on peut y planter de la vigne, René Dürrbach, peintre et sculpteur, ami de Picasso, voit son fils Eloi concrétiser cette intuition au début des années 1970. Après de grands travaux de défrichage, Eloi Dürrbach décide de planter de la syrah et du cabernet-sauvignon, une combinaison rare dans la région, mais que l’on trouvait pourtant avant les ravages du phylloxéra…

Une bonne fée nommée Aubert de Villaine

Cet encépagement atypique vaudra au fil des ans au Domaine de Trévallon d’être régulièrement « reclassé » par l’INAO, de Coteaux d’Aix en Provence « Les Baux » en Vin de Pays des Bouches-du-Rhône, et enfin IGP Alpilles depuis 2009. Mais peu importe l’appellation : le Domaine de Trévallon se révèle, dès son apparition, un vin exceptionnel, puissant, racé, élégant, aux incomparables accents de garrigue et de soleil. Un jour, Eloi Dürrbach reçoit la visite d’un dégustateur anonyme, qui tombe sous le charme de son vin : il s’agit d’Aubert de Villaine, propriétaire du Domaine de la Romanée-Conti. A sa suite, les Américains Kermit Lynch et Robert Parker vont faire connaître Trévallon au monde entier.

Aujourd’hui, le Domaine de Trévallon réalise une bonne moitié de ses ventes à l’international : les Etats-Unis bien sûr, mais aussi le Royaume-Uni, la Belgique, et le Japon. Frémissant, le marché chinois se concentre pour l’instant sur la région de Hong Kong : les importateurs et sommeliers s’appliquent à faire découvrir ce vin singulier, rivalisant avec les plus grandes étiquettes du vignoble français. Et à propos d’étiquettes, celles de Trévallon contribuent à la personnalité unique du domaine : c’est René Dürrbach qui, au soir de sa vie, a signé une cinquantaine d’entre elles, toutes différentes, toutes uniques. Inaugurée en 1996, la série est encore en cours pour une bonne quinzaine de millésimes. En septembre dernier, une galerie parisienne accueillait une exposition des étiquettes éditées par le Domaine de Trévallon de 1996 à 2008. L’occasion pour Eloi Dürrbach de rendre hommage à l’œuvre de son père, et de contempler le chemin parcouru en une quarantaine d’années. Une belle histoire de famille, une belle histoire de vin, qui continue de s’écrire : ainsi le millésime 2011, marqué par des conditions climatiques capricieuses, s’annonce déjà « étonnamment fruité, peu astringent, marqué par des tanins doux… Un cru atypique et joli ».

Vidéo – Eloi Dürrbach présente le Domaine de Trévallon.