(Photos F. Hermine)
(Photos F. Hermine)

25 ans avec trois présidents et deux directeurs et bientôt une extension de l’aire d’appellation, de nouveaux cépages et une Maison des Vins agrandie et refaite à neuf.

Les Coteaux-Varois-en-Provence fêtent les 25 ans de l’AOC en annonçant une extension de l’aire d’appellation qui devrait concerner d’ici 8 à 10 ans une dizaine de communes du Haut-Var actuellement en coteaux du Verdon. Autre annonce pour célébrer cet anniversaire, l’agrandissement et la modernisation pour l’année prochaine de la Maison des Vins qui avait ouvert en 1997 à l’abbaye de la Celle, au cœur du Var. En 25 ans, l’appellation est passée de 1600 à 2750 ha, de 80 000 à 113 000 hl en année moyenne dont les deux tiers embouteillés et de 45% de rosés (avec 50 de rouges et 5 de blancs) à près de 92% en 2017 (avec 6% de rouges, 3 de blancs). En 1989, elle n’exportait que 14% de ses vins, principalement dans les pays voisins et aux Etats-Unis; aujourd’hui 34% des 140 000 hl sont commercialisés partout dans le monde. Les Coteaux Varois étudient également l’introduction dans le cahier des charges de nouveaux cépages comme le caladoc et l’ancien cépage varois, le castet (qui n’est plus inscrit que dans l’AOC Palette).

« Il a fallu se battre »

L’AOC n’a connu que trois présidents Daniel di Placido (de 1983 à 2010 qui a accompagné le passage de VDQS à AOC et de Coteaux Varois en Coteaux-Varois-en-Provence en 2005, Pascal Portès et Éric Lambert et deux directeurs, Philippe Bréban et depuis l’an dernier Thomas Giroud. Daniel di Placido (Chateau du Loou) se souvient que « pour le passage en AOC, il a fallu se battre car les rendements fixés à 50 hl/ha faisaient peur à certains vignerons, à l’époque où ils étaient plutôt autour de 80. Mais la qualité et l’AOC étaient à ce prix. La création de la maison des vins à l’abbaye grâce au sénateur Hubert Falco a permis d’avoir une véritable vitrine de l’appellation et associée à la cuisine d’Alain Ducasse, notamment à partir de la présentation annuelle du millésime depuis 2001, ça a vite été un succès. Et puis il a fallu se battre à nouveau pour obtenir l’utilisation du mot Provence associé aux Coteaux Varois. Ça a été chose faite en 2005 après quelques coups de sang et coups de gueule ».

La petite sœur des Côtes-de-Provence

Désormais les Coteaux Varois ont pris une autre dimension et ont acquis une véritable reconnaissance. Outre une intensité colorante divisée par deux en 13 ans, Gilles Masson du Centre du Rosé rappelle que les rosés secs, acidulés et minéraux de l’appellation se distinguent « par une plus grande luminosité et par leur acidité dus aux terroirs calcaire au cœur du Var entre forêts et montagnes qui protègent des entrées maritimes ». D’où un climat à la fois méditerranéen et un peu continental avec davantage de fraîcheur. « Nous avons longtemps été considérés comme la petite sœur des Cotes-de-Provence, reconnait le président actuel Éric Lambert (Estandon Vignerons). Aujourd’hui on a passé ce cap, notamment avec l’arrivée d’investisseurs venus d’ailleurs qui ont racheté des domaines et sont devenus de véritables ambassadeurs comme Miraval, Margüi, Lafoux, Blacailloux… ».

En 2017, les Coteaux-Varois-en-Provence dénombre 70 caves particulières et 9 coopératives (15 en 1993). Près de la moitié des volumes commercialisés le sont par la dynamique union de coopératives Estandon Vignerons dirigée par Philippe Brel.