LEOUBE
LEOUBE

Les vendanges se terminent dans les vignobles côtiers de Provence ; à l’intérieur des terres elles prendront encore quelques jours ou semaines. Les sols argileux ont permis à la vigne de bien résister à la sécheresse. Les rosés du millésime 2015 seront généreux… tout en finesse.

Pour Guillaume Barraud, œnologue au centre de l’Institut Coopératif du Vin (ICV) à Brignolles, le millésime 2015, pour être atypique, n’en est pas moins plein d’avantages en Provence. « Les sols argileux ont fait le plein d‘eau tout l’hiver et au printemps. La floraison est intervenue idéalement, au milieu d’un épisode chaud et sec en mai et jusqu’à des épisodes pluvieux mi-juin qui ont refait les réserves. Il n’y a ensuite plus eu d’eau en Provence. Les sols qui avaient des réserves et les ont utilisées. On n’a vu la vigne souffrir que sur quelques secteurs aux sols de grès, nettement plus drainants que les sols d’argile. » Les précipitations au bon moment et des sols propres à générer des réserves d’eaux ont évité à la vigne tout stress hydrique et ont permis une maturation régulière, sans brulure du soleil, malgré la chaleur. Ces équilibres garantissent une belle palette aromatique pour les rosés, qui représentent plus de 88% de la production de vin en Provence.

Restait à vendanger au bon moment pour équilibrer ces arômes avec beaucoup de fraîcheur : « La vendange est arrivée tôt. En bord de mer, 90% de la vendange était rentrée au 11 septembre, les vignes sont plus tardives à l’intérieur des terres, dans le Haut-Var. Le millésime a été chaud mais l’acidité est là. On aura peut-être plus d’opulence en 2015, mais on reste dans le style « Rosé de Provence » : élégant et frais.Les arômes sont une belle palette aromatique sur les rosés, . »

Réchauffement climatique et gestion des ressources humaines

A Bormes les Mimosas, au Château Léoube, Romain Ott confirme : « Ca se passe très bien mais on a démarré très tôt, dès le 20 août, soit une semaine plus tôt que l’an dernier… qui était déjà précoce ! Disons qu’il y a cinq ans on vendangeait normalement entre le 25 août et le 1er septembre… Cette fourchette s’est systématiquement rapprochée du 25 dernièrement, et là, le 20, ça fait vraiment tôt ! »

Ces vendanges toujours plus précoces posent des problèmes d’organisation au domaine : « Comme nous vendangeons manuellement, et donc moins vite qu’à la machine, nous commençons d’autant plus tôt que nous voulons des marges de manœuvres pour attendre la juste maturité de chaque parcelle sans nous laisser dépasser par les degrés. Or une vendange le 20 août nous rapproche de la fin des autres travaux de la vigne… »

Sceptique, voire inquiet, au début des vendanges, Romain Ott a tenu le cap et s’en félicite : « Ce millésime a été d’autant plus délicat à vendanger que les maturités des parcelles sont arrivées dans un ordre différent de celui auquel elles nous avaient habitués… Mais nous avons su rester sereins et nous avons bien fait : la vendange est de très belle qualité et, pour une fois, avec de beaux volumes, ce qui est une bonne surprise ! »