Photo Frédérique Hermine
Photo Frédérique Hermine

Le premier producteur de crémant de Bourgogne est un groupe familial depuis plus d’un siècle. Trois dirigeants ayant sauté à chaque fois une génération ont présidé aux destinées de cette maison d’effervescents qui se diversifie de plus en plus dans les vins tranquilles.

Cette veuve-là a bel et bien existé. A la mort de son banquier de mari à la fin du 19ème, Marie Ambal quitte Paris pour revenir dans son village natal de Rully (71). Elle y retrouve son frère négociant en vins de Bourgogne. Mais à l’époque, le vin de la région se vend mal et Marie s’intéresse aux effervescents, des Bourgognes mousseux produits dans le village depuis déjà 1822 à partir d’une méthode dite alors champenoise. En 1898, elle monte sa maison qui passe tant bien que mal les crises et e la 1ère guerre et qui est reprise, à sa mort en 1929, par son petit-fils Charles Roux. Il s’essaie, après la 2ème guerre, aux vins tranquilles mais la marque prospère avec les bulles.

18 crémants à la carte

Veuve Ambal se développe surtout avec la création de l’AOC Crémant de Bourgogne en 1975 et également grâce au pari de la grande distribution (GD), amplifié quand le petit-fils de Charles Roux, Eric Piffaut, reprend le rênes de la maison en 1988. C’est donc naturellement sur ce circuit que le producteur-négociant lance, pour cette fin d’année, sa première édition limitée. Un blanc de blancs (93% chardonnay, 7% aligoté) aux arômes d‘agrumes et de fleurs blanches dans une bouteille slevée illustrée de grains de raisins et d’une jolie silhouette féminine (6, 95€). Outre la Grande Cuvée, présente dans la plupart des enseignes (à 5, 90€), Veuve Ambal valorise également le crémant au caveau et en ligne avec une cuvée Brut Nature en blanc de blancs et une cuvée de prestige portant le nom de sa fondatrice Marie Ambal. Des raisins vendangés à la main pour un vin de première presse, assemblage de pinot noir et chardonnay, floral et fruité à dominante de pamplemousse rose (16, 80€). Au total, la maison, forte de 250 ha en propriété dans toute la Bourgogne, propose 18 crémants et ne produit pas moins de 18 millions de bouteilles dont 6 en crémants de Bourgogne (sur les 18 de l’AOP). Elle élabore également des bulles en cuves closes ou méthode Charmat dont le fameux Rivarose en IGP Méditerranée qui remporte un joli succès outre-Atlantique dans sa belle bouteille galbée.

Des domaines en tranquilles

Outre le déménagement de son siège à Montagny-les-Beaune (21), la construction d’une impressionnante cuverie industrielle le long de l’autoroute A6, et d’importants travaux d’agrandissement du stockage et de la cuverie, Veuve Ambal a pris, avec ce siècle, le tournant des vins tranquilles en rachetant de nouveaux vignobles, 6 domaines aujourd’hui dont André Delorme en Côte chalonnaise, et récemment Prosper Maufoux avec 14 ha en Côte de Beaune, Côte de Nuits et Santenay, comprenant le Château Saint-Aubin et de jolies parcelles en grands et premiers crus, en particulier en Criots-Bâtard-Montrachet grand cru.

Ci-dessous, de gauche à droite : Charles Roux, Marie Ambal, Eric Piffaut.