(Photo P. Gonnet)
(Photo P. Gonnet)

Avant un salon unique pour les vins du nord et les vins de sud, via une probable fusion l’année prochaine de Vinisud et Vinovision, les 350 exposants de l’édition 2018 de VinoVision se sont donné rendez-vous au Parc Expo de Paris Porte de Versailles du 12 au 14 février.

La Loire totalise environ la moitié des espaces, tandis que les 50% restants se partagent équitablement entre la Bourgogne, le Beaujolais et la Champagne, ce qui marque une différence notable avec la répartition des régions lors de l’édition 2017, où la Loire remportait la première place avec 70% des exposants.

L’ambition de ce salon, réservé aux professionnels, est de devenir un rendez-vous d’affaires importants, mais aussi d’offrir une meilleure (re)connaissance des vignobles français septentrionaux.

Si le Champagne et la Bourgogne n’ont pas de problèmes de notoriété, certaines appellations apprécient cette mise en lumière nordique, que ce soient les superbes Vouvray, Savennières et autres pépites ligériennes, ou bien les appellations alsaciennes, savoyardes, jurassiennes et beaujolaises.

Afin de maximiser l’expérience et les rencontres entre professionnels de la filière viti-vinocole et les vignerons, VinoVision a créé sa « Tasting Avenue », regroupant des cuvées de toutes les régions présentes. Certaines régions ont également opté pour un affichage commun, comme les « Champagnes de vignerons », ou encore le Beaujolais sous l’égide de leur tout nouveau fer de lance : la Beaujonomie, mise en scène via un grand stand partagé par les vignerons.

Par ailleurs, plusieurs master classes sont prévues, dont une dédiée à la notion même de septentrionalité : quel est le profil et la typicité des vins septentrionaux, quelles sont leurs caractéristiques et points communs ? Olivier Poussier, Fabrice Sommier, Philippe Faure-Brac et Pascal Léonetti répondront à ces questions ce mardi 13 février à 15h15.

Plusieurs autres thématiques feront l’objet de master classes : de la place des vins septentrionaux en gastronomie à la légitimité des Beaujolais dits de caractère dans l’univers de la bistronomie, en passant par le secret des champagnes rosés ou encore les particularités du cépage chenin, ou les terroirs d’Alsace.

Les belles références ne manquent pas, avec une mention spéciale pour la cuvée « Grand Élevage » du domaine Rijckaert, repris par Florent Rouve depuis 2013. Vinifiant une gamme issue des raisins propres du domaine, et une autre issue d’achat de raisins, que ce soit sur les appellations jurassiennes ou sur les appellations mâconnaises, toutes produisent des vins sur la tension et l’élégance, à la structure droite et précise et une aromatique ciselée, mettant en avant la particularité de chaque terroir. Ni tout à fait les mêmes ni tout à fait d’autres, du travail d’orfèvre qui trouve son apogée sur l’appellation Arbois, où Florent fait parler le savagnin avec panache. Si le 2016 est encore un peu fermé (il a été mis en bouteille mi-janvier), son potentiel est évident : la palette aromatique s’étend de la pomme aux fruits exotiques (notamment l’ananas), en passant par les agrumes, reposant sur une structure nette, précise, vive et pure, à la fois ronde et saline.
Ouillé régulièrement et élevée dans des fûts de 228L, cet équilibriste jurassien vaut les 27€ nécessaires à son acquisition.

Très joli coup de cœur également pour les vins du domaine du Nid, à Moulin-à-Vent, nommé ainsi en référence à l’unité familiale présidant à la gestion du domaine : les parents Paul et Danielle y travaillent, entourés de leurs enfants Stéphane, Delphine et Jocelyn.
Trois cuvées pour un cru ultra réputé : la Tradition (autour de 16€), vinifiée à la beaujolaise (macération carbonique et grappes entières, passage de dix mois en foudres), qui donne ici un fruit évidemment croquant mais très élégant, les épices se montrant plus présentes et complexes sur le 2015 que sur le 2016. Le parcellaire de La Rochelle (autour de 20€) est travaillé à la bourguignonne, pas de fût neuf, égrappé à 100%, et présente un bouquet de pivoines et d’épices tout en élégance, à attendre peut-être encore un ou deux ans, et à garder sans problèmes une dizaine d’années.
Quant à « Rochegrès », les vieilles vignes de 70 ans sur des sols composés de plus de manganèse que les autres parcelles, donnent un jus plus minéral et articulés autour des fruits noirs et rouges, et peut se trouver autour de 22/23€.

Côté Loire, le Clos du Château Fouquet, en appellation Saumur et en agriculture biologique, livre un beau cabernet franc, puissant mais élégant, qui mérite lui aussi d’être un peu attendu (notamment pour le 2015), avant de donner tout son potentiel, accessible pour 15€.

Mention spéciale également pour le Sancerre de Joseph Mellot, où les agrumes s’étirent sur une longueur et une minéralité subtiles et harmonieuses, et le Quincy du domaine Adèle Rouzé, où le sauvignon s’exprime ici davantage sur la rondeur et des agrumes orientés vers l’orange et la mandarine.

En attendant un événement unique Nord et Sud, probablement dès l’année prochaine pour laisser la primeur à Vinexpo les années paires, ces pépites nordistes sont à découvrir jusqu’à ce mercredi 14 février 2018.

www.vinovisionparis.com
Paris Expo Porte de Versailles
Hall 4
75015 Paris
Mardi 13 février de 9h30 à 18h30
Mercredi 14 février de 9h30 à 17h00