Les vignerons charentais qui produisent du vin de consommation creusent tranquillement leur sillon et ils transforment même cette tranquillité en un art de vivre.

« Pas si vite ! », hurlait Robert Lamoureux dans une scène culte de la 7ème Compagnie, stigmatisant l’inefficace armée française au début de la Seconde guerre mondiale. C’est aussi avec le sourire que le syndicat des vins charentais s’inscrit dans la tendance « slow » par ce slogan : « Prendre le temps ». Il fait référence à la douceur de vivre de leur région où l’on sirote un verre de vin durant les Francofolies de La Rochelle, le Blues Passions de Cognac, au Summer Sound Festival de Rochefort ou encore aux Gastronomades d’Angoulême qui ont lieu les 24, 25 et 26 novembre prochains. Ce sont autant d’événements partenaires… « Cette année, nous avons fait le choix de réduire nos campagnes d’affichage pour profiter des flux touristiques importants sur notre territoire et privilégier une communication plus événementielle, explique le Président du Syndicat, Thierry Jullion, avant d’ajouter : « il s’agit pour nous d’être présents sur des opérations ciblées et de rentrer en contact direct avec le consommateur à un moment où il est détendu et ouvert et où nous avons le temps de lui faire déguster nos vins et d’échanger ».

Cet axe de communication ne cache pas pour autant toute l’énergie déployée par une poignée de vignerons dans l’idée de donner aux vins charentais leurs lettres de noblesse. Cachés par le succès du cognac, a fortiori dans l’ombre de son géant voisin bordelais, longtemps – et toujours – malmenés par des faiseurs de prix, les bonnes quilles mettent du temps à se faire une place. Toutefois, forte de quelques locomotives (citons Pascal Gonthier, le Domaine des Claires, Pique Russe, Cazulet, Quintard, Garancille, etc.), la production est de plus en plus qualitative. L’adéquation entre les sols et le bon cépage, les vignes qui prennent de l’âge comme la nouvelle génération apportant de l’ouverture d’esprit, accouchent de belles perspectives. Le potentiel était connu, il faut désormais s’armer de patience. « Toi tu as la montre, moi j’ai le temps », dit l’Africain à l’Européen… Cet adage est peut être une belle leçon !

L’IGP Vins Charentais existe depuis 2009 et regroupe 600 vignerons dont 145 caves particulières. Le rouge, le blanc et le rosé se divisent équitablement sur l’échelle de la production. On retrouve les cépages bordelais mais aussi le pinot noir, le mourvèdre, le chardonnay ou encore le chenin qui pourrait bien se lover sur ces terroirs calcaires. Mais tranquillement.