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À Cheval Blanc, « un millésime de tous les records »

© Marion Benoit / Studio Deepix

Auteur

Jean-Charles
Chapuzet

Date

14.09.2026

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Le millésime 2026 s’annonce très prometteur malgré cette année si particulière en termes de chaleur. À Saint-Émilion (33), le directeur du Château Cheval Blanc, Pierre-Olivier Clouet, nous partage ses premières impressions.

Au Château Cheval Blanc, si la pression commerciale est un peu moins forte qu’ailleurs, tant la marque est puissante, le temps des vendanges reste un moment crucial, tant la qualité des vins doit être à son climax. Alors une cinquantaine de personnes grouillent dans les vignes et sur les tables de tri, et pas n’importe lesquelles. « Nous n’avons que des jeunes retraités du coin, des habitués. Ils viennent tous les ans, ils connaissent les parcelles, c’est très huilé. Les repas de vendanges sont très sympas, on les reçoit très bien pour qu’ils aient envie de revenir », souligne Pierre-Olivier Clouet, le directeur et garant du temple. Et pour couronner le tout, le temps est clément.

À Cheval Blanc, les équipes ont fait feu le 20 août, puis les 24, 29 et 30 août, pour finir la récolte des merlots le 1er septembre, un record de précocité dans l’histoire du domaine. « Et c’est très joli pour l’instant. On va attaquer les cabernets francs ce début de semaine. Les rendements sont dans la fourchette basse, autour de 26 hectolitres par hectare mais le croquant et la fraîcheur sont dingues, des tanins très tendres, de beaux alcools autour de 13-13,5%. Ça ressemble à 2009, 2015, 2018 ou 2022… », s’enthousiasme Pierre-Olivier.

Le sujet est thermique

À noter que les pluies du 10 juillet, avec 35 millimètres, et du 25 juillet, avec 40 millimètres, ont été salvatrices sur le domaine de Cheval Blanc. « Et nous sommes très attachés à l’effet millésime. Ce fut une année très difficile pour l’agriculture, très dure pour les vignerons. Le réchauffement climatique est plus que jamais présent, j’ai le record de pointe de chaleur à 41,9°. Le problème n’est pas la sécheresse, mais les vagues de chaleur, le sujet est thermique, plus qu’hydrique », explique le directeur. Il est certain qu’en se baladant dans le vignoble bordelais, on peut constater que les vignes gardent leur verdeur, l’enjeu est davantage de protéger les raisins des fortes températures. Les jeunes vignes tout comme les vignes sur des terroirs très drainants ont beaucoup souffert de ce millésime 2026. À Cheval Blanc, les interventions à la vigne se sont opérées dès les premières vagues de chaleur en juin. « On a fait tomber un peu de raisins sur les jeunes vignes pour réguler la plante afin qu’elle passe le cap de ces chaleurs, nos couverts végétaux sont primordiaux et enfin notre agroforesterie s’avère très bénéfique, les arbres apportent de la fraîcheur », se félicite Pierre-Olivier, avant de conclure : « C’est le millésime de tous les records, on a commencé à vendanger les blancs le 13 août ! »